La guerre en Ukraine, déclenchée le 24 février par la Russie, est dans toutes les conversations au WEF, qui réunit, après deux années de pause pour cause de pandémie, les élites politiques et économiques mondiales.

M. De Croo a eu mardi et mercredi à Davos nombre de rencontres politiques et avec les milieux d'affaires.

Il a averti que l'impact de la guerre serait très important, en citant les prix de l'énergie et les perturbations que connaissent nombre de chaînes d'approvisionnement.

"Le monde se réorganise. Nous ne pouvons pas penser qu'il n'y aura pas d'impact. Nous devons nous préparer à une période avec beaucoup d'instabilité et beaucoup d'incertitude. Ma première priorité est de protéger au mieux notre population", a déclaré le Premier ministre lors d'une conversation avec des journalistes à Davos.

Les deux partis - sur sept - de la coalition Vivaldi qui composent le gouvernement dirigé par M. De Croo souhaitent que le Premier ministre donne un nouveau souffle à son équipe et boucle plusieurs accords avant le 21 juillet. Le chef du gouvernement leur a répondu depuis Davos que des progrès doivent effectivement être réalisés. "Mais il faut bien s'y préparer", a-t-il affirmé.

Selon le Premier ministre, la Vivaldi se trouve dans une phase de préparation. "Un certain nombre de dossiers sont en cours de préparation pour prendre une décision: sur le pouvoir d'achat, la compétitivité, etc.", a-t-il expliqué. La mise en œuvre de l'accord conclu en octobre dernier pour doper l'emploi, le "deal pour l'emploi", doit être, selon lui, la priorité.

Les pénuries de personnel deviennent de plus en plus problématiques, a-t-il souligné. "À un certain moment, ce n'est plus un problème économique, mais un problème sociétal", a poursuivi le Premier ministre, en faisant référence aux pénuries dans l'enseignement et dans le secteur des soins de santé. "L'accord sur l'emploi aidera, mais n'est pas un point final", a-t-il dit.

M. De Croo a également évoqué, lors d'une table ronde sur l'agenda numérique européen organisée mercredi matin, les pénuries sur le marché du travail. Il a parlé de l'enseignement, qui, selon lui, est en déclin en Belgique. "Vous ne pouvez pas nier que l'enseignement ne fonctionne pas pour un grand groupe de jeunes", a-t-il déclaré. Il prône dès lors la mise sur pied de nouveaux systèmes éducatifs.

"Nous gaspillons trop de talents et nous ne pouvons pas nous le permettre", a-t-il lancé.