Les vacances de Noël approchent. À l'UZ Gent, malgré la nouvelle vague de coronavirus, 20% de lits en moins seront disponibles aux soins intensifs. Ce choix a été fait afin que le personnel, poussé dans ses retranchements depuis plusieurs mois, puisse se reposer. Infirmier au sein de l'unité de soins intensifs de l'hôpital universitaire de Gand depuis 19 ans, Johan van Landeghem a expliqué la nécessité de ce choix à nos confrères de VTM NIEUWS.

"C'est d'autant plus nécessaire quand on voit que nous devons rester entassés ici toute la journée", explique l'infirmier, qui prendra quelques jours de congé entre Noël et Nouvel An. "Je pense qu'il me reste sept à huit jours de vacances, plus beaucoup d'heures supplémentaires", souligne-t-il toutefois.

"J'ai vu beaucoup de gens mourir"

Car depuis le début de la crise du coronavirus, les congés se font rares pour le personnel soignant. Selon lui, c'est aussi à cause des politiques qui ne suivent pas suffisamment les avis des experts. "Je pense que de nombreuses personnes qui s'occupent réellement des patients atteints du Covid-19 se sont parfois assises les larmes aux yeux en regardant le gouvernement proposer à nouveau des mesures faibles", déplore l'infirmier.

Johan van Landeghem explique également avoir vu plusieurs collègues tomber malade ou quitter la profession, tant la confrontation quotidienne au virus et à la mort leur pèse. "J'ai vu beaucoup de gens mourir ici. Cela rend les choses très concrètes pour nous. Nous ne voyons pas de chiffres aux informations, mais nous voyons vraiment des patients et des familles qui meurent", rappelle-t-il.

Soutenir un effort exceptionnel

"Afin de pouvoir soutenir cet effort exceptionnel et à long terme, nous accordons un peu de repos à tous les employés pendant la période de Noël", expliquait Eric Mortier, directeur général de l'UZ Gent, à propos de la décision de l'hôpital. "Nous avons donc décidé que tout le monde peut garder les congés promis avant le début de la quatrième vague". Un repos bien mérité, avant la vague de soins reportés qu'il faudrait rattraper après Noël. Selon la porte-parole, celle-ci sera "au moins aussi lourde que la vague de coronavirus elle-même".