Rumeurs de fraude démenties par la direction

NAMUR La société Meat and Food International (MFI) qui exploite l'abattoir de rite islamique de Gembloux se trouve dans une nouvelle tourmente. Selon son avocat, Me Didier Putseys, les rumeurs de gestion frauduleuse sont entièrement mensongères.

Créé il y a 12 ans, l'abattoir n'avait pas pu écouler sa production et s'était retrouvé au bord de la faillite avant d'être sauvé par un concordat. L'emploi ne représentait plus qu'une trentaine d'unités. Cependant, dans le cadre de la crise actuelle de la viande bovine, un sérieux espoir de relance est apparu. MFI vient d'être agréée pour procéder aux abattages de bovins dont la commercialisation ne sera plus autorisée. Cela pourrait représenter, à terme, une trentaine d'emplois supplémentaires. C'est ainsi que la Région wallonne avait décidé d'accompagner l'augmentation de capital annoncée par l'actionnaire principal, M. Nadhmi Auchi, et sa société luxembourgeoise, Général Mediterranean Holding. L'apport de celui-ci doit être de 125 millions de FB auxquels la Région devait ajouter 25 millions. Il se peut qu'en raison des derniers événements, le ministre wallon, Serge Kubla, revienne sur la décision prise en décembre. Les informations diffusées ces jours-ci veulent en effet que M. Nadhmi Auchi, un Irakien de 63 ans, ait commis des irrégularités à Gembloux. Le passif de MFI est annoncé de 800 millions de FB alors que le compte bancaire du holding luxembourgeois serait crédité d'un solde équivalent. De plus, M. Auchi aurait touché des commissions occultes dans le dossier Elf et fait l'objet d'un mandat d'arrêt international. A toutes ces accusations, Me Putseys rétorque qu'il est exact que son client est recherché en France, mais c'est simplement parce qu'il ne s'y est pas présenté pour être interrogé. Quant au passif de l'abattoir, il s'élève à 136 millions de FB. S'il y avait eu la moindre fraude, explique l'avocat, en 8 ans, les enquêteurs de l'ISI et de la PJ l'auraient découverte et les créanciers, avec le parquet et le tribunal de commerce, n'auraient pas tous accepté le concordat. Des propos confirmés par Mme Inghels, substitut au parquet de Namur: `Le concordat réussit très bien et les activités devaient redémarrer vendredi´, a-t-elle précisé.