Belgique

L'Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire (AFCN) a écrit au ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, pour lui demander que des mesures soient prises pour flouter les images satellites des principales installations nucléaires en Belgique. Au mois d'octobre, la presse a révélé que la Défense avait attaqué Google en justice en raison des images de sites sensibles disponibles sur Google Maps. L'armée s'inquiète de la facilité avec laquelle on peut obtenir de la sorte des informations détaillées sur les bases aériennes de Florennes et Kleine Brogel, les installations pétrolières d'Anvers ou encore les centrales nucléaires.

Le Code pénal permet d'empêcher la diffusion d'images d'installations militaires. Le 7 novembre, l'ex-ministre de la Défense, Steven Vandeput, a annoncé qu'une solution avait été trouvée pour ces sites. La loi ne s'applique en revanche pas aux installations civiles comme des centrales nucléaires.

Dans un rapport récent, l'Assemblée nationale française a préconisé l'adoption d'une loi imposant de flouter ce genre d'images.

"Dans son analyse de sécurité, l'AFCN a identifié cet aspect comme un risque potentiel. Elle a dès lors adressé une lettre au ministre de la Sécurité et de l'Intérieur (...) afin de lui demander de prendre les mesures nécessaires afin de flouter les images satellites des principales installations nucléaires", ont indiqué mardi les dirigeants de l'AFCN devant la sous-commission "sécurité nucléaire" de la Chambre, où le rapport français était discuté.

"L'appel a eu lieu, la solution pas encore", a ajouté le directeur, Frank Haerdeman.

Selon ses informations, le ministre a écrit à Google pour régler le problème.

Le député Eric Thiébaut (PS) a déposé une proposition de loi qui va dans ce sens. Le texte prévoit de punir d'une amende et d'une peine de prison la diffusion d'images de sites nucléaires sans les avoir floutées.

"En France, cette recommandation a été mise en œuvre et l'internaute qui souhaite obtenir des images, par exemple de la centrale nucléaire de Chooz, trouvera désormais sur Google Earth des images pixelisées et rendues inutilisables pour la préparation d'actes malveillants", expliqué M. Thiébaut.

Ecolo a également réclamé qu'une telle mesure soit prise. "Il est incompréhensible que ce ne soit pas encore le cas", a souligné le chef de groupe, Georges Gilkinet.