"On aurait pu faire mieux si on avait eu un plan pandémie mis à jour, si on avait été mieux préparés. Mais dans la vie réelle, il faut aussi tenir compte du poids économique limité de la Belgique qui ne pouvait pas aller récupérer du matériel sur le tarmac des aéroports", a expliqué Yves Van Laethem, le porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus, lors de son audition, vendredi après-midi, en commission spéciale Covid du Parlement de Wallonie. Après les ministres régionaux Crucke, Dermagne et De Bue dans la matinée, ce sont notamment des représentants de Sciensano et du GEES - le groupe qui a piloté la sortie du confinement -, dont Erika Vlieghe et Yves Van Laethem qui ont été entendus par les membres de la commission.

"Nos hôpitaux n'ont jamais été submergés, comme ça a pu être le cas dans l'est de la France ou le nord de l'Italie. Notre structure de santé a pu accueillir tous les gens qui nécessitaient un accueil hospitalier", même si cette définition peut ou doit faire l'objet d'un débat éthique, a expliqué Yves Van Laethem.

Parallèlement, "dans les maisons de repos, nous avons été confrontés à une épidémie dans l'épidémie, avec un manque de moyens humains et techniques", a-t-il ajouté en évoquant "la nécessité de gérer de manière différente l'accueil des personnes âgées".

"Le spaghetti, la structure institutionnelle de notre Etat n'a certainement pas aidé à gérer la crise", a par ailleurs estimé le porte-parole interfédéral. Par contre, "il n'y a eu aucun problème entre les 'experts' francophones et néerlandophones au sein des structures mises en place, même si la pondération n'était peut-être par idéale", a-t-il reconnu.

Quant à la communication, elle aurait pu, elle aussi, être plus fluide, tant vers le personnel soignant qu'à destination du grand public. "Un certain nombre d'expressions d''experts' ont pu peser sur la manière dont les politiques ont agi ainsi que sur la perception des mesures - et leur bonne compréhension - par la population. Mais ce sont des questions que l'on peut se poser parce que l'on vit en démocratie" et que la parole est libre, a enfin souligné Yves Van Laethem.