La plupart des militaires qui ont décollé en direction de la Roumanie vers 10h20 mardi matin font partie du bataillon 1er/3e Lanciers de Marche-en-Famenne. Un détachement de la composante médicale, des artilleurs et du génie sont également du voyage. "Après cette année de préparation et cette semaine de préparatifs des bagages pour le départ, on est contents de se lancer. On s'est préparé psychologiquement et le moral est bon," a expliqué à l'agence Belga le sergent Melik, du 4e bataillon Génie d'Amay, juste avant de quitter le sol belge pour la Roumanie.

Sur place, les tâches ne sont pas encore tout à fait définies. "Le principe sera de faire du 'show de force', c'est-à-dire de montrer notre présence aux frontières pour rassurer d'une part, et dissuader d'autre part. Mais pour notre travail au jour le jour, nous ne disposons pas encore de toutes les informations. On a une fourchette de temps - une limite courte et une limite longue à laquelle nous sommes préparés -, mais pas de date de retour," a précisé le sergent.

Selon la ministre de la Défense Ludivine Dedonder, la mission devrait durer de trois à six mois, mais pourrait évoluer en fonction de la situation.

Pour les proches des militaires, il a aussi fallu se préparer au départ. "Ce n'est jamais évident pour les familles. Les personnes qui ne sont pas dans l'armée n'ont pas d'idée précise de comment cela se passe. Elles ont tendance à se faire beaucoup d'images, mais on essaie de les rassurer en leur expliquant où l'on va et que l'on ne va pas exactement dans les conflits. De manière générale, le soutien des familles a été excellent," a fait remarquer le militaire du 4e Bataillon Génie d'Amay .

Les militaires ont été salués par le Premier ministre Alexander De Croo. "Ce qui est important, c'est de donner le signal que les pays de l'Otan se défendront. Nous ne sommes pas d'accord avec ce qu'il se passe en Ukraine, mais nous ne tolérerons pas que l'on touche aux pays de l'Otan. Notre sécurité, nous la garantissons en solidarité avec d'autres pays. Il faut surtout montrer que l'on est prêts. Nous montrons déjà que nous jouons notre rôle avec les F-16 en Estonie et nous le faisons aussi en Roumanie. Notre sécurité est (le fruit d') un effort collectif. Nous prenons nos responsabilités," a insisté le Premier ministre.

"C'est la première fois que cette force rapide de l'Otan est déployée et que nous envoyons plusieurs centaines de militaires pour protéger les frontières de l'Alliance", a ajouté la ministre de la Défense. "Parce qu'effectivement, personne n'y croyait, mais il y a une guerre sur le continent européen."

"Je suis là aussi pour m'assurer que (les militaires) sont en sécurité avec le matériel qui convient et qu'ils assurent la protection de notre territoire", a poursuivi Mme Dedonder. "Nous sommes toujours dans une mission de protection, de dissuasion pour sécuriser un territoire. Nous n'avons pas d'indication aujourd'hui sur le fait que la Russie pourrait viser un pays de l'Otan", a rappelé la ministre socialiste.

Une partie des militaires envoyés par la Belgique sont déjà arrivés en Roumanie. Les différents véhicules et moyens logistiques sont toujours en route route. Au total, environ 300 militaires belges seront déployés en Roumanie cette semaine, sous le commandement d'un bataillon français. Ces hommes et ces femmes seront également accompagnés par des militaires américains, présents depuis plusieurs années.

"Un autre détachement devrait rejoindre la Lituanie dans le courant du deuxième semestre, mais tout cela peut encore bouger en fonction de la situation," a conclu la ministre Ludivine Dedonder.