Belgique

Ce jeudi, le Parlement votera l'extension du Fonds Amiante. À Meeffe, Rose-Marie Libioulle a créé le Collectif Citoyen Alternative. Dans son quartier, les habitants ont mangé, bu, respiré...pollué.

Rose-Marie Libioulle vit dans ce qu’elle appelle à très juste titre "un nid à cancers". Nous sommes à Meeffe, dans l’entité de Wasseiges, en région liégeoise.

Durant trente ans, les habitants de ce paisible quartier ont vécu à côté d’un terrain vague ayant servi d’incinérateur sauvage. Déchets provenant d’un salon de coiffure du coin, pesticides agricoles, produits industriels divers, etc. Durant trois générations, les habitants de ce quartier ont respiré, mangé, bu… pollué.

Victimes d’acné chlorée, d’irritation des voies respiratoires, de toux persistantes, etc.,

Rose-Marie Libioulle et ses voisins sont allés consulter. Verdict sans appel : "Les médecins nous ont dit que, vu l’état de nos voies respiratoires, il était fort probable que nous ayons inhalé des produits toxiques extrêmement corrosifs. On nous a aussi dit qu’il allait probablement y avoir des cancers…"

"Aujourd’hui, ces trois générations souffrent de cancers divers et variés", témoigne Rose-Marie Libioulle, désormais présidente du Collectif Citoyen Alternative (7.000 membres) dont le but est de faire prendre conscience au grand public que les cancers environnementaux sont une vraie réalité. "Mon père et ma tante sont morts d’un cancer, ma sœur est en rémission. Moi-même, j’en ai contracté un. Seize des 21 maisons du quartier sont touchées par des cancers liés à des perturbateurs endocriniens !"