Toutefois, il faudra attendre la mi-juin pour mesurer les dégâts provoqués par ces épisodes de gel. Plusieurs experts ne prévoient en revanche pas de "catastrophe". Par ailleurs, la variété des arbres fruitiers est un paramètre important à prendre en compte. En effet, celle-ci influence la résistance des fleurs aux conditions climatiques les plus extrêmes.

Si les poires conférences, qui représentent 90% des poiriers de Belgique, ont été particulièrement touchées, avec 30 à 90% de fleurs gelées, elles sont toutefois plus susceptibles de résister aux épisodes de gelées. "La poire conférence est une variété avec laquelle il est possible d'obtenir un fruit même si la fleur a été gelée ou n'a pas été pollinisée", explique Olivier Warnier. "Les poires Doyennés du Comice, qui représentent 5 à 10% de la production seront plus sévèrement touchées par le gel."

Même constat pour les pommiers, bien qu'ils aient été un peu plus épargnés (entre 20 et 60% des fleurs gelées). "Si leur floraison est normale, il devrait quand même être possible d'avoir des récoltes", précise le directeur du Centre fruitier wallon.

Quelques variétés plus précoces de cerisiers ont elles aussi été touchées par les gelées mais elles ne représentent pas les principales variétés exploitées en Belgique.

"Concrètement, la situation ne paraît pas catastrophique", temporise l'expert. Il rappelle en outre qu'aucun type de dédommagement n'existe pour les producteurs, sauf lors de l'activation d'un "fonds calamité" par la Région.

Un constat partagé du côté des vignobles belges où l'on ne s'attend qu'à des dégâts "limités". "Les bourgeons sont très peu sortis à ce stade et ont donc été bien protégés", confie le Maître de chai du Vignoble du château de Bousval (Brabant wallon), Vincent Dienst. Les récoltants devraient avoir un aperçu de la qualité de la production d'ici la mi-mai.