Ce dimanche matin, la police est revenue sur le bilan de son intervention. Au total, 132 personnes ont été arrêtées en marge du rassemblement, a fait savoir une porte-parole de la police.

Invités sur le plateau de C'est pas tous les jours dimanche, Raoul Hedebouw (PTB), Georges-Louis Bouchez (MR) et Philippe Close (PS) sont revenus sur les événements.

"Il y a beaucoup de gens qui se prêtent aux règles, mais au niveau de la jeunesse, la situation devient intenable", constate le député fédéral PTB. "Ce serait beaucoup mieux de permettre des évènements Covid-safe. Je pense au secteur de la culture qui s'est d'ailleurs aussi exprimé hier. On est en retard sur les tests qu'on peut réaliser dans les salles. Et globalement, on est en retard dans la gestion de cette pandémie. On oblige les gens à choisir entre la santé et le fait de pouvoir un peu respirer. Le tout à la répression, ça ne va pas marcher. Mettre des amendes, des amendes et amendes... En plus de la loi pandémie qui va être votée lundi. Le gouvernement prend tout le pouvoir. J'ai peur pour la démocratie", admet le Liégeois.

Georges-Louis Bouchez a lui aussi été invité à donner son avis sur les tristes affrontements de samedi soir. Le président libéral avait, comme à son habitude, déjà réagi sur les réseaux sociaux et n'avait pas été tendre avec le bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close. "Ça ressemble à quoi cette histoire ?", dégaine-t-il d'entrée de jeu. "Pendant une semaine, on a fait le pied de grue chez Facebook pour supprimer l'événement du réseau social. Mais par contre, le bourgmestre refuse de fermer le Bois de la Cambre. On ne lui demande pas de fermer le Bois de la Cambre indéfiniment. Il sait qu'il y a un événement à un moment déterminé qui peut se produire. Du coup, comment se fait-il qu'on ne bloque pas l'accès pour éviter les problèmes ?", questionne-t-il. "Je suis quand même choqué - et je crois que ce n'est pas une bonne solution pour les pouvoirs publics - de charger la jeunesse. Les jeunes ne peuvent pas s'en prendre aux policiers, mais je pense qu'il existe des moyens d'éviter qu'on en arrive là. J'ai parfois eu le sentiment qu'on cherchait la confrontation. J'ai l'impression qu'on aime bien montrer qu'on a de l'autorité, alors qu'il y a des solutions plus douces, moins spectaculaires", conclut le président du MR. 

Philippe Close, le bourgmestre de Bruxelles a eu son droit de réponse dans la foulée. "Je ne vais pas commenter les dires de Monsieur Bouchez. Si je dois réagir à tous ses commentaires, on n'en finit pas. Il est vrai que c'est une situation très complexe en termes de maintien de l'ordre, mais je vous rappelle qu'on avait hier dix manifestations sur Bruxelles. Ils faut remercier les forces de l'ordre et les organisateurs pour les négociations qui ont été faites. Une démocratie, c'est accepter que des gens ne soient pas d'accord", rappelle-t-il. 

Pourquoi ne pas fermer le Bois de la Cambre, comme suggéré par Georges-Louis Bouchez ? "C'est simple, répond le socialiste. Le Bois de la Cambre fait cinq kilomètres de long, ça veut dire réunir des milliers d'hommes autour. Cela n'a pas beaucoup d'intérêt. De plus, je ne vais pas prendre en otage tous les Bruxellois qui utilisent ce bois. Mais c'est avant tout pour une impossibilité technique, réfléchie avec les professionnels du maintien de l'ordre", précise-t-il. Avant de rappeler : "A Bruxelles, on a eu 250 manifestations depuis le début de l'année. Elles se passent généralement très bien. Cette fois-ci, c'était inscrit que ça allait mal se passer. Mais il y a des gens qui nous ont aidés. Ce sont ceux qui ne sont pas venus. Les photos des drones montrent qu'il n'y avait pas tant de monde que ça. Et le moment où j'interviens, c'est le moment où il commence à y avoir des bagarres entre les participants. Là, je dis qu'il faut que ça s'arrête."

Le bourgmestre de Bruxelles a ensuite été questionné sur les vidéos qui circulent sur internet. Sur une d'entre elles, on voit des policiers "shooter" dans des gens qui semblent sur le chemin du retour et utiliser des sprays de bombe lacrymogène à bout portant. En plateau, la question est donc posée : "Y a-t-il a eu des débordements de la part de la police ?". Pour réponse, le socialiste rappelle l'ampleur des manifestations à Bruxelles ce 1er mai et sa responsabilité de faire respecter l'ordre face à des personnes qui caillassent du matériel public. Il ne parle pas de débordements et évite de répondre la question.