Aujourd'hui, ces métis n'ont qu'un accès restreint aux archives coloniales. Ils buttent notamment sur l'impossibilité de connaître l'identité de leurs parents sans le consentement de ceux-ci. Or, ce consentement est souvent impossible à obtenir, beaucoup d'entre eux étant décédés ou introuvables. Sans accès à ce lien originel et essentiel, ces métis ne peuvent espérer retrouver leurs frères et soeurs, nièces et neveux et ne peuvent retracer leur histoire familiale, a expliqué le député Malik Ben Achour.

Par une résolution de 2018, la Chambre a reconnu la ségrégation dont ont souffert les métis. En 2019, le Premier ministre Charles Michel a présenté les excuses de la Belgique pour le sort qui leur a été réservé. Entre 14.000 et 20.000 enfants métis nés de l'union entre des hommes blancs en poste au Congo et au Ruanda-Urundi et des mères congolaises, rwandaises ou burundaises ont été enlevés à leur mère et ramenés de force en Belgique.

Une cellule de recherche a été spécialement créée, au sein des Archives du Royaume, afin de répertorier toutes les archives susceptibles de reconstituer les parcours de ces métis. Mais l'initiative butte sur la loi sur la protection des données car cette cellule ne peut divulguer l'identité des personnes recherchées sans leur consentement. Or, dans la majorité des cas, elles sont décédées ou introuvables. Les personnes désireuses de connaitre l'identité de leurs parents, frère, sœur, etc. se voient donc opposer une fin de non-recevoir.

La proposition du PS crée une base légale, telle qu'exigée par le RGPD, pour permettre aux enfants séparés de leur parent ou frères et sœurs d'accéder aux archives publiques ou privées afin de les identifier et de les contacter.