La libérale, bien que dans la majorité, a accusé l'écologiste de "mélanger faits et discours" en matière de sortie du nucléaire. Mme Vander Straeten a contesté ces propos. La Chambre tient ce mercredi une séance plénière extraordinaire marathon. Douze projets et propositions de loi sont à l'ordre du jour. Le premier d'entre eux portait sur la contribution des exploitants Electrabel et EDF Luminus à la sortie du nucléaire pour les années 2020, 2021 et 2022.

Sous l'impulsion de Vanessa Matz (cdH), le débat a glissé sur la sortie du nucléaire proprement dite, la députée humaniste qualifiant le remplacement par des centrales au gaz d'"aberration écologique".

Marie Christine Marghem s'en est alors prise à sa successeure Tinne Vander Straeten, l'accusant de "mélanger faits et discours". "N'importe quel ministre de l'Énergie essayera d'avoir un minimum d'indépendance énergétique avec ses voisins. Vous continuez de dire que l'on va fermer les centrales, mais sans expliquer comment vous allez remplacer 4,5 GW par 2,3 GW de gaz... à moins que vous ne sachiez déjà qu'au moins deux centrales (nucléaires) resteront ouvertes."

Tinne Vander Straeten a contesté ces propos et rappelé l'accord de gouvernement, négocié y compris avec le MR. "Notre choix, c'est d'appliquer la loi (de 2003) de sortie du nucléaire dans sa totalité", a-t-elle rappelé. La ministre a confirmé qu'une évaluation restait bien prévue en novembre prochain.

Le gouvernement De Croo a en effet confirmé, dans son accord de majorité, la sortie du nucléaire en 2025 tout en se réservant, jusqu'en novembre prochain, une possibilité d'"ajustement du calendrier légal "en cas d'impact trop lourd sur la sécurité d'approvisionnement et le prix de l'électricité".

Concrètement, dans les années à venir, au moins cinq (Doel 1, 2 et 3, et Tihange 1 et 2) des sept réacteurs nucléaires seront fermés, en raison d'un coût de rénovation et d'entretien trop élevés. L'objectif reste également de fermer de manière complète les deux dernières centrales nucléaires (Doel 4 et Tihange 3), conformément à tous les accords gouvernementaux conclus depuis 2004.

Pour faire face à ces fermetures, le gouvernement prévoit un soutien pour les investisseurs dans des capacités de production supplémentaires via deux ou trois nouvelles centrales au gaz. Cela se produira via le mécanisme CRM, le mécanisme de rémunération de capacité. Ce soutien sera octroyé dans le cadre d'une mise aux enchères qui débutera en octobre. Mme Vander Straeten a rappelé l'intention du gouvernement d'ouvrir des centrales au gaz émettant le moins de CO2 possible.

Concrètement, les investisseurs potentiels doivent s'engager par écrit dans leur dossier à atteindre des émissions nulles ou négatives de gaz à effet de serre d'ici 2050 au plus tard.