Paul Magnette demande à être déchargé de sa mission, le Roi réserve sa réponse.

Paul Magnette a remis au Roi un rapport final ce lundi et a demandé à être déchargé de sa mission. Le Roi tient toutefois sa décision en délibéré. Il a rencontré hier Georges-Louis Bouchez, président du MR, puis Gwendolyn Rutten, présidente de l’Open VLD. Des consultations devraient se poursuivre encore ce mardi au moins.


Dans les rangs libéraux, on s’accorde à reconnaître que la mission du président du PS a permis d’avancer. Le plus important semblait de convaincre l’Open VLD. Les divisions y restent vivaces. Plusieurs pistes sont désormais envisageables. " Le gros point qui cale chez nous, c’est le nombre de députés de l’arc-en-ciel. Le MR est traumatisé par son expérience dans la majorité en Wallonie, où le départ de Patricia Potigny a provoqué la chute du gouvernement. L’Open VLD partage cette inquiétude ", nous glisse cette source libérale.

Un arc-en-ciel classique ne comporterait que 76 députés sur 150, laissant la coalition à la merci du premier débauchage venu (de la N-VA ?).

Le souhait de la famille libérale semble être de parvenir à convaincre le CD&V d’embarquer dans une coalition arc-en-ciel améliorée.

Quant à un apport éventuel du CDH ou de Défi, il accentuerait encore le déséquilibre en défaveur des néerlandophones.

Proposer le 16 à Koen Geens pourrait faire évoluer les esprits, mais c’est alors l’Open VLD qui en serait refroidi… Certaines sources nous assurent que le CD&V a mis sur la table le retrait de la loi allongeant le délai autorisé pour l’IVG ainsi qu’une proposition de régionalisation des hôpitaux.

Au MR comme à l’Open VLD, on estime que la note Magnette est loin de comporter suffisamment d’accents libéraux. " Avec le MR, nous sommes d’avis que le travail ne peut pas être jeté par-dessus bord mais il est encore insuffisant ", déclarait l’Open VLD ce lundi.

La piste logique mène à un passage de témoin à un libéral flamand ou à un CD&V. L’Open VLD pourrait poursuivre le travail de Magnette en y apportant une touche bleutée. Le nom de Patrick Dewael est cité. À moins que le Roi n’implique Koen Geens, qu’on dit très apprécié au Palais. La position officielle du CD&V est claire, toutefois. Le nouveau président Joachim Coens a indiqué que son parti n’était pas prêt à s’impliquer en première ligne dans la formation d’un nouveau gouvernement, suggérant de mettre la balle dans le camp de la N-VA.

Le président de la N-VA, justement, n’exclut pas formellement d’accepter une mission royale, mais pas pour faire de la figuration. " Je peux éventuellement le faire mais les dégâts causés par l’Open VLD sont énormes. J’ai rencontré Paul Magnette. Il a tellement le goût de sa bouillie arc-en-ciel en bouche qu’il faudra beaucoup de dentifrice flamand pour se laver la bouche ", a déclaré Bart De Wever au micro de la VRT.

Le bourgmestre d’Anvers ne se profile manifestement pas en rassembleur. " La N-VA ne cherche pas de solutions pour le pays. Bart De Wever semble plutôt préparer la voie de sa propre exclusion ", nous glisse une source gouvernementale.

Le bourgmestre d’Anvers s’est en effet exprimé en des termes virulents ce lundi, précisant que le confédéralisme restait bel et bien sur la table. " Cela me semble une solution très logique vu que la Wallonie a voté très à gauche ", a-t-il lâché sur la VRT. "Mais aussi longtemps que tu peux diriger à gauche et envoyer la facture aux autres, c’est facile. […] Mais en Flandre, il va falloir expliquer aux électeurs qu’il faut lever des milliards d’impôts pour entretenir des électeurs passifs au sud du pays."

Magnette: "J'ai l'intention de rester constructif"

"Cela fait cinq semaines, avec toutes mes équipes et mes collaborateurs, qu'on essaie de trouver des solutions pour la Belgique", a déclaré Paul Magnette dans une vidéo postée sur son compte Twitter dans la foulée de sa visite au Palais. "On a travaillé avec tous les partis politiques. On a identifié des priorités. On a travaillé sur des convergences et je pense qu'on a commencé à trouver des solutions sur des sujets très importants pour toutes et tous comme l’emploi, la santé, la justice, les pensions, la transition climatique. On a chiffré ce travail parce qu'il faut qu'il soit sérieux et crédible."

"Evidemment, j'ai l'intention de rester constructif dans les prochaines semaines, de continuer à travailler pour trouver des solutions pour tous les Belges", a-t-il déclaré.


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