Cela fait plus d'un an maintenant que le coronavirus bouleverse nos vies. Economie qui tourne au ralenti, mesures sanitaires strictes, fermeture de frontières... la pandémie a durablement impacté le monde entier. Ce virus, qui a déjà fait officiellement plus de 3 millions de morts, n'a toutefois pas fini de perturber la vie des habitants aux quatre coins du globe. Mais, pour Peter Piot, certaines leçons peuvent déjà être tirées de cette crise sanitaire sans précédent. Le célèbre virologue belge s'est confié, à nos confrères de De Morgen , sur la pandémie, les mesures sanitaires, la vaccination et les suites de ce triste épisode de notre histoire.

Le directeur de l'école d'hygiène et de médecine tropicale de Londres est d'abord revenu sur les récents assouplissements mis en place par le Royaume-Uni, tels que la réouverture des terrasses. "Elles sont bondées, la distance sociale est passée de mètres à des centimètres, ça va être un désastre", a regretté Peter Piot, soulignant que, même à l'extérieur, il était possible d'être contaminé si l'on est les uns sur les autres.

Des images qui font craindre le pire et qui justifient d'autant plus, selon lui, que des mesures strictes aient été adoptées au cours de l'année écoulée. "Si tout le monde respecte les règles, vous n'avez besoin d'aucune mesure coercitive", a-t-il détaillé au quotidien flamand. "C'est la différence entre l'Asie et l'Occident. Au Laos: 7 millions d'habitants et pas de décès lié au coronavirus. Au Vietnam: une personne positive au Covid est morte. Avec les mêmes mesures que chez nous, mais tout le monde là-bas les suit docilement. En Occident, nous sommes bloqués par le spectre de l'hyper-individualisme. Me myself and I. Les gens n'acceptent pas la moindre restriction à leurs libertés, même pour protéger la communauté."

Encore du temps pour se débarrasser du coronavirus, même avec les vaccins

Celui qui a été fait docteur honoris causa par l'UCLouvain en février s'est étonné par ailleurs de voir tant de résistance de la part de la population face à des règles qui lui semblaient plus que nécessaires. "Je suis surpris que beaucoup ne comprennent toujours pas que cela prolonge la douleur pour tout le monde. Nous ne sommes pas encore débarrassés de ce virus, n'est-ce pas ? Cela prendra encore beaucoup de temps, même avec les vaccins."

En effet, selon le scientifique de renommée mondiale, l'on ne parviendra pas à aplatir la courbe. "Ce virus deviendra endémique, avec des poussées occasionnelles", a-t-il prédit à nos confrères de De Morgen . "Le danger est que de nouvelles variantes apparaissent contre lesquelles les vaccins sont moins efficaces." Il n'en a pas moins postulé qu'un retour à la normale sera possible une fois que "tout le monde sera vacciné".

Enfin, Peter Piot a appelé les autorités à tirer les leçons de cette crise sanitaire, car elle pourrait ne pas être la dernière. "Ce virus n'est pas forcément 'The Big One'", a-t-il mis en garde. "Le vrai cauchemar serait un virus aussi contagieux que le coronavirus, aussi mortel qu'ebola et face auquel nous ne pouvons pas créer de vaccin. Ce scénario n'est pas impossible."