C’est une journée historique pour la Belgique. Albert II s’inscrit dans la modernité en abdiquant, tout comme la reine Beatrix il y a quelques mois. Les monarchies européennes ont décidé de jouer la carte de la modernité. Place aux jeunes. Philippe, qui prêtera serment ce dimanche midi, aurait pu devenir roi des Belges bien avant ses 53 ans, lui qui a longtemps été préparé par le roi Baudouin. Mais ce dernier, parti bien trop tôt il y a 20 ans, aura quelque peu bousculé les plans qu’il avait lui même échafaudé.

Albert n’était en effet pas pressenti pour être roi, mais à la mort de son frère, il a assumé la lourde charge de souverain. Apparu tremblotant lors de sa prestation de serment, il n’aurait dû être qu’un roi de transition. Son règne s’étala finalement sur deux décennies et il marqua aussi l’histoire de notre pays en se montrant moins austère que son frère bien-aimé. On retiendra de lui sa jovialité en toutes circonstances et son sens du devoir jamais pris en défaut.

Dans sa mission, il aura aussi dû prendre le relais de Baudouin pour finir l’écolage de Philippe, notre nouveau roi dès aujourd’hui. Ce 21 juillet sera donc historique à plus d’un titre. Car, en ce jour de fête nationale, Albert II abdiquera. Une abdication qui n’est que la deuxième de l’histoire de notre nation, après celle de Léopold III. Mais la fin de règne du prédécesseur de Baudouin fut cependant moins glorieuse que celle d’Albert II, puisqu’il fut contraint de quitter le trône au terme de la longue polémique et de la crise nationale suscitée par son comportement controversé lors de la Seconde Guerre mondiale.

La tâche qui attend l’ex-prince Philippe ne s’annonce pas aussi aisée que celle de ses prédécesseurs. Car, au Nord du pays essentiellement, on doute de ses capacités. Mais c’est oublier un peu vite que les mêmes critiques accompagnèrent l’arrivée d’Albert II. Certains multiplient aussi les offensives pour tenter de diminuer les prérogatives du Roi et, du côté des extrémistes, de poursuivre le travail de sape de la monarchie et mener le combat vers la scission du pays. Philippe devra donc s’ériger comme le nouveau symbole de l’unité du pays et, ayant appris de ses erreurs, être le roi de tous les Belges. Pour cela, il pourra notamment compter sur son épouse, Mathilde, d’ores et déjà Reine des cœurs, et sur le soutien d’un peuple qui ralliera en masse les festivités de ce 21 juillet.