Faut-il craindre un impact sanitaire avec le retour des vacances, pour Phlippe Devos la réponse est oui. "Oui j'ai peur, comme 80% des Belges. On a cumulé trois risques: Noël, les vacances et Nouvel An. Tout cela en quinze jours. Donc on craint d'avoir difficile dans les hôpitaux d'ici la fin du mois".

Si les chiffres sont à la baisse depuis plusieurs jours, on assiste tout de même toujours à une stagnation, avec un plateau, qui reste très supérieur à celui de septembre. Pour Yves Coppieters, ce constat doit nous inquiéter: "On est dans une persistance de la deuxième vague et non dans une troisième vague. Les indicateurs hospitaliers restent bloqués, on est toujours autour des 150 admissions par jour et c'est trop. Tant qu'on est bloqué à ce stade là on ne peut rien relâcher".

L'expert reste également prudent et rappelle que toute une série d'inconnues est également à surveiller dans les semaines qui arrivent. "En plus de l'impact de ces deux dernières semaines, on doit aussi voir l'impact du variant du virus présent en Angleterre, il pourrait augmenter les transmissions dans la population", s'inquiète-t-il.

Vacciner en priorité les personnes à risque

La solution pour faire baisser les chiffres serait le vaccin pour les deux spécialistes. "Chaque mois où on traînera à vacciner, ce sera un mois en plus où l'économie sera à l'arrêt. C'est une faute politique, on doit permettre à ceux qui veulent recevoir l'injection de se faire vacciner au plus vite", se désole Philippe Devos. Néanmoins, Eric Muraille, immunologiste à l'ULB invité à prendre part à la conversation en visioconférence, rappelle que ce sont les personnes à risque qui doivent en priorité bénéficier du vaccin. "Actuellement, il n'y a pas assez de vaccins pour tout le monde, donc il faut traiter en priorité le personnel soignant et les personnes âgées. C'est une manière assurée de réduire les risques et donc de permettre un certain relâchement dans les mesures sanitaires, comme la distanciation sociale", explique-t-il.

Si certains s'inquiètent que le vaccin ne soit pas efficace en cas de mutation du virus, Phlippe Devos se veut néanmoins rassurant: "On a de grand espoir que tant que le virus sera dangereux pour l'homme, peu importe sa mutation, le vaccin sera efficace et pour un délai plus long que six mois (...) En Belgique, le vaccin sera accessible à tous, mais je pense que les gens qui ont déjà des anticorps ont peut-être intérêt à laisser les doses à ceux qui n'ont jamais été en contact avec le virus."

Pour conclure, les experts ont tenu à rappeler que deux doses du vaccin sont indispensables pour garantir une efficacité à 95% du produit.