Les tendances ne sont plus aussi bonnes que ce que l'on a pu observer ces dernières semaines. Constatant une légère stagnation, plusieurs experts ont tiré la sonnette d'alarme ce week-end. Ils ont également vivement balayé la demande de certains d'envisager un assouplissement des mesures sanitaires à l'approche des fêtes de fin d'année. "Il faut suivre les chiffres et pour le moment, on voit bien qu'ils ne le permettront pas", a réagi pour sa part Philippe Devos sur Bel RTL. Le président du syndicat belge des médecins (Absym) a ainsi estimé qu'un tel débat donnait de faux espoirs aux Belges. "On n'a pas le sentiment qu'on arrivera pour Noël aux 800 contaminations par jour et surtout aux 75 hospitalisations par jour (niveau fixé par le gouvernement pour envisager un déconfinement, ndlr.), a-t-il argué. Je trouve que c'est un peu donner de la poudre aux yeux des gens que de faire croire qu'on va y arriver."

Revenant sur les derniers chiffres liés au coronavirus publiés par Sciensano, le médecin intensiviste a mis en garde à son tour contre un "aplatissement des courbes". Comparée à la diminution observée lors de la première vague, la baisse actuelle est "beaucoup plus lente". Mais cela n'a pas étonné le chef des soins intensifs au CHC de Liège. "On n'est pas du tout dans la même situation que lors de la première vague car il y a tout un pan de l'économie qui a repris plus vite, a-t-il développé. C'est une théorie des portes. Quand on ouvre dix portes, on sait que ça descend moins vite que quand on en ouvre cinq."

Mais ouvrir certaines portes a un prix, comme l'a rappelé Philippe Devos. "Chaque fois qu'on va chipoter à ouvrir une porte ou l'autre, à donner plus de libertés, on va entraîner que tous ceux qui sont fermés vont être fermés trois mois de plus", a-t-il ajouté. Donnant l'exemple de l'Horeca, le président de l'Absym a rappelé qu'il faudra faire diminuer davantage les contaminations avant de pouvoir envisager une réouverture. Or, si on assouplit davantage, on risque de retarder la baisse des infections et donc de postposer la reprise de l'activité pour les cafés et restaurants. "Moi je n'ai pas envie que l'Horeca reste fermé trois mois de plus", a conclu le médecin intensiviste.  

Elargir la bulle sociale pour les fêtes, est-ce vraiment raisonnable ?

Votes clôturés

Oui, de toute façon la règle ne sera pas respectée 32,7%
Non, les chiffres sont toujours trop haut 67,3%

5242 votes