Au quotidien, nous sommes exposés à des substances chimiques et polluants qui peuvent avoir un effet néfaste sur notre santé. Que ce soit à travers notre alimentation, dans l’environnement ou encore dans des contenants et produits que nous utilisons. Afin de mesurer l’exposition des Wallons à des substances chimiques et polluants, l’ISSeP (Institut scientifique de service public) a lancé en novembre 2019 la première campagne de biosurveillance humaine en Wallonie.

Au total, 828 Wallons, de nouveau-nés à de jeunes adultes (20 à 39 ans), ont été sélectionnés dans les cinq provinces wallonnes et sur base de critères bien précis de manière à obtenir un échantillon représentatif de la population wallonne. Les niveaux d’exposition ont été mesurés grâce à des analyses de sang (ou sang de cordon) et d’urine.

De manière générale, du plomb a été décelé chez tous les participants et dans des proportions dépassant les valeurs de risque sanitaire. "Le niveau est néanmoins inférieur en Wallonie par rapport à d’autres études plus anciennes. Cela est peut-être lié à des mesures prises comme le remplacement des canalisations en plomb ou la suppression de l’essence avec plomb", souligne Aline Jacques, chargée de projet BMH-Wal (biomonitoring humain wallon).

Du mercure a également été relevé chez plus de 90 % des Wallons, avec des concentrations plus élevées chez les nouveau-nés. D’autres métaux lourds comme le cadmium (près de 90 %) et l’arsenic total (99 %) ont été quantifiés chez les adolescents et adultes.

Par ailleurs, trois pesticides organochlorés interdits depuis 40 ans, mais persistants dans l’environnement, ont été détectés chez 1 % des nouveau-nés et 19 % des adolescents et adultes. Quant aux insecticides actuels (pesticides organophosphorés), que l’on retrouve par exemple dans l’agriculture ou dans les produits contre les puces et poux, ils ont été relevés chez 94 % des adolescents et adultes.

Les analyses indiquent également la présence dans le corps des Wallons du pesticide glyphosate (1 sur 4), bien qu’interdit à usage privé, de polychlorobiphényls malgré leur interdiction depuis 1979 ou de bisphénols bien qu’ils soient en baisse, sans doute en raison des restrictions d’usage à destination des nouveau-nés et des enfants

Une seconde phase sera menée auprès d’enfants et d’adultes de 40 à 59 ans.