Celle-ci déplore mardi que les importantes baisses de prix observées en 2020 tant pour l'électricité que pour le gaz n'aient pas profité à tous les ménages, lesquels éprouvent des difficultés à dénicher l'offre la plus intéressante en raison de la complexité du marché de l'énergie. Si le prix de l'électricité a baissé de 10% en moyenne en 2020 et celui du gaz de 26%, la majorité des ménages belges n'ont pas profité de cette diminution, leurs contrats d'énergie restant assez chers, a expliqué lors d'une conférence de presse Laurent Jacquet, directeur contrôle prix et comptes à la Creg.

Ces contrats restent à des prix élevés soit parce que les consommateurs n'ont jamais changé de contrat depuis la libéralisation du marché (900.000 ménages pour l'électricité et 400.000 pour le gaz), soit parce qu'ils ont opté pour les contrats les plus chers du marché.

Ainsi, plus de deux millions de ménages ont choisi un des 10 contrats les plus chers en termes de fourniture d'électricité et 1,2 million pour le gaz. Contre 268.000 qui ont misé sur un des 10 contrats les moins chers pour l'électricité et 172.000 pour le gaz. Cette mauvaise stratégie est due à un marché de l'énergie encore trop complexe pour le consommateur, estime la Creg, qui demande une clarification des conditions contractuelles. Elle propose également l'introduction d'un code QR, à l'image de ce qui se pratique au Royaume-Uni. La facture devrait présenter clairement la consommation et le contrat souscrit tandis que le code QR renverrait à davantage de détails. Ces derniers devraient aussi être inscrits sur la fiche tarifaire pour les consommateurs peu à l'aise avec les technologies.

Plus de 300.000 ménages disposent en outre d'un contrat dormant de prolongation en électricité et plus de 170.000 en gaz. Il s'agit de contrats arrivés à échéance, qui sont prolongés en conservant les prix souscrits initialement, malgré la baisse des tarifs survenue sur le marché. Ces contrats, identifiés auprès de quatre fournisseurs, sont "chers, leur durée s'étale sur plusieurs années, voire parfois sur une durée indéterminée. Ils ne sont pas publiés ce qui empêche le consommateur d'accéder à l'information et de comparer les prix", dénonce M. Jacquet. La Creg demande au politique d'intervenir pour supprimer ces contrats.

La Commission a calculé que plus d'un million de ménages pouvait économiser plus de 500 euros par an, soit 240 euros par an pour l'électricité et 300 euros pour le gaz.

Pour aider le consommateur, la Creg lancera une campagne de sensibilisation au printemps sur les médias sociaux sur son comparateur, le Creg Scan, qui comprend 15.000 contrats, dont les dormants. Elle publie également ce mardi sur son site trois vidéos explicatives sur la manière de comparer et de changer de fournisseur.

Enfin, elle sensibilisera l'année prochaine les organismes proches des ménages précaires, comme les CPAS, pour qu'ils puissent conseiller au mieux leur public en matière d'énergie.