La surpopulation dans les prisons belges, on en parle régulièrement dans les médias. Un trop grand nombre de détenus par rapport aux nombres de places disponibles, des matelas au sol dans des espaces exigus, des bâtiments à la limite de l’insalubrité… Notre pays est régulièrement épinglé dans les rapports d’ONG internationales pour l’état déplorable de ses conditions carcérales.

À l’heure d’écrire ces lignes, et alors que le Covid complique encore considérablement la vie des détenus, la surpopulation n’est toutefois presque pas à l’ordre du jour. D’après les chiffres fournis par l’administration pénitentiaire, on dénombrait vendredi 10.121 détenus dans les prisons du pays, pour une capacité de 9611 places.

La situation a déjà été bien pire par le passé. Mais cela pourrait radicalement changer dans les prochains mois avec le retour derrière les barreaux de personnes ayant bénéficié d’une interruption de peine dans le cadre des mesures Covid, et l’arrivée des personnes condamnées à des petites peines de prison.

En tout, ce sont près de 1000 détenus qui devraient s’ajouter d’ici la fin de l’année. Mille détenus pour lesquels aucune nouvelle place n’a été créée pour les accueillir.

Jusqu’à présent, les personnes condamnées à des peines de prison inférieures à trois ans ne se retrouvaient jamais derrière les barreaux. “Les peines sont purgées selon d’autres modalités fixées par le juge” confirme Valérie Callebaut, porte-parole de l’administration pénitentiaire. Souvent : le bracelet électronique. Mais le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (Open VLD) a décidé que c’était terminé. À partir du 1er décembre, tous les condamnés, quelle que soient leur peine, devront passer par la case prison. On parle de 600 à 700 futurs détenus, concernés par cette mesure d’ici la fin de l’année.

À ces condamnés à des peines légères s’ajoutent ceux qui ont bénéficié d’une interruption de peine dans le cadre de la crise Covid. Ce sont ici 323 personnes, qui ont pu temporairement rentrer chez elles pour alléger la pression sur les établissements pénitentiaires durant la crise sanitaire. Ces personnes vont devoir retourner en prison dans les prochains mois. Eux aussi vont venir gonfler les chiffres même si certains d’entre-eux sont entre-temps passés à d’autres modalités pénales comme la surveillance électronique ou la libération conditionnelle.

Interrogé à ce sujet en commission “Justice” de la Chambre, Vincent Van Quickenborne a indiqué qu’il comptait sur l’ouverture de deux nouvelles maisons de détention (un nouveau concept adapté aux peines courtes), d’une capacité de 50 à 100 places pour absorber une partie du surplus. Son cabinet nous précise également que l’inauguration de la future méga prison de Haren, au nord-est de Bruxelles, est une des pistes pour lutter contre la surpopulation.
Mais l’ouverture de cette nouvelle prison n’est pas prévue avant 2022. Une nouvelle surpopulation est à craindre d’ici la fin de l’année.