La manifestation s'est déroulée dans le calme

NAMUR Par centaines. Ce jeudi, à Namur, on a pu compter les tracteurs par centaines. Un véritablement déploiement de force de plus de 1000 véhicules témoignant de l'inquiétude du secteur de la production 15 jours après les décisions européennes relatives à l'interdiction d'utiliser des protéines animales dans l'alimentation dans tous les élevages et à la mise en place de tests ESB. `Les tests à l'abattoir doivent débuter en janvier et nous ne savons pas encore qui va payer le coût de la mise en oeuvre des ces mesures´, souligne Sabine Laruelle, directrice de l'alliance agricole. Son voeu, comme celui de l'ensemble des 18.000 agriculteurs wallons: `que nos responsables politiques soient conséquents avec leurs décisions prises à l'échelon européen´. Et plus concrètement, la prise en charge par la Belgique de tous les coûts ESB ainsi que ceux liés à la destruction des farines animales; la garantie de pouvoir dès le 1er janvier 2001 tester tous les animaux présenter à l'abattoir et pour terminer une indemnité pour le rachat des bovins de plus de 30 mois non testés. `Si aucune décision n'est prise dans les plus brefs délais, nous bloquons Bruxelles, la semaine prochaine´, ajoute la directrice de l'Alliance agricole soutenue par les manifestants. `Il faut être conscient que les tests que l'on nous impose à l'abattage représentent un coût de 4.000 F. Auquel il faut ajouter le même montant pour l'élimination des organes à risques. C'est énorme et il est évident que nous ne pourrons pas prendre tout cela à notre charge´, indique Luc Baudoin, éleveur à Natoye.

L'inquiétude des consommateurs? `Nous pensons qu'elle n'est pas justifiée et qu'elle est exacerbée par les médias´, indique Reinhard Hoste, rappelant que chez nous les farines animales dans la nourriture des bovins sont interdites depuis 1994. Et d'autres de dénoncer cette politique de traçabilité qui lave plus blanc que blanc. `Nous en sommes victimes. Et si les choses continuent comme elles vont. Bientôt les Belges n'auront plus qu'à se nourrir avec de l'autruche. Et là, question contrôle et autres règlements sanitaires, ils pourront toujours courir´, affirme Roger Boutry.

Des points de vue, des réclamations, des revendications qu'une délégation de représentants de la future FWA (Fédération wallonne agricole) a tenu à transmettre aux responsables wallons. `Nous savons que c'est au fédéral que les décisions doivent être prises, mais nous voulons qu'ils relaient notre point de vue auprès des ministres compétents´, conclut Sabine Laruelle.