En revanche, ils peuvent continuer de vendre au comptoir des billets de jeux de la Loterie Nationale, une situation vécue comme une discrimination par l'Union professionnelle des agences de paris (Upap). C'est la Commission des Jeux de hasard qui a précisé lundi l'arrêté ministériel corona du 1er novembre. Elle s'adressait alors entre autres aux libraires: parallèlement à la fermeture des casinos, salles de jeux, cafés et bureaux de paris, les terminaux de paris dans les librairies doivent être mis hors d'usage. Les points presse font en effet partie de ces commerces qui peuvent rester ouverts mais doivent limiter leurs ventes aux biens et services jugés "essentiels". L'engagement de paris n'en fait pas partie.

"On doit aussi arrêter la vente de produits de diversification, comme la maroquinerie, les foulards, les jouets, etc. En revanche, on peut vendre des produits du tabac, alors que les tabaconistes ont dû fermer", pointe Xavier Deville, le président de Prodipresse, organisation professionnelle des libraires/presse indépendants francophones de Belgique. Pour les jeux à gratter et autres de la Loterie Nationale (excepté les paris sportifs), rien n'a été précisé, les libraires peuvent donc continuer de les proposer.

"Faut-il en conclure que les tickets d'Euromillions ou les billets à gratter sont des activités essentielles à la survie de la population au sens de l'arrêté ? Alors que les coiffeurs ou les vendeurs de jouets à l'approche des fêtes doivent rester portes closes, la Loterie Nationale peut continuer ses activités", regrette l'Upap via communiqué. L'Union ne veut pas entamer de procédure, mais déplore un "avantage concurrentiel" au bénéfice de la Loterie Nationale, détenue par l'Etat belge.

Du côté des libraires, l'arrêt forcé des bornes de paris sportifs aura des conséquences économiques très variables d'un commerce à l'autre. "En fonction de la clientèle, du lieu, etc. Certains libraires touchent davantage de commissions sur les paris sportifs que via les ventes de produits de la Loterie. D'autres n'ont pas du tout de borne", explique Xavier Deville.