Ce mardi, les ministres de la Santé se sont mis d'accord sur des assouplissements pour les personnes contaminées au Covid-19 ou suspectées de l'être. Ces nouvelles règles interviennent alors que le nombre de tests réalisés et de cas a fortement augmenté avec la flambée du variant Omicron. De futurs problèmes d'absentéisme sont redoutés par le secteur des soins de santé, ou encore le Patronat. Le nouveau protocole entrera en vigueur le 10 janvier prochain.

La réaction des experts ne s'est pas fait attendre et le mot d'ordre est à la prudence.

"Plus de relâchement, c'est plus de propagation. E si on donne plus d'espace au virus, on le remarquera aussi dans les hôpitaux", avait pour sa part averti lundi le porte-parole interfédéral Steven Van Gucht sur Radio 1 en ajoutant que selon lui cela ne fera qu'entraîner plus d'absences à plus long terme. "Bien que le variant Omicron puisse être moins pathogène, il peut tout de même provoquer une surcharge en cas de très large diffusion", a-t-il poursuivi. Ainsi, selon lui la quarantaine, une mesure ciblée, est actuellement un bon outil au contraire de mesures générales comme un lockdown.

Marc Van Ranst, s'est quant à lui montré compréhensif. "Je comprends que l'on prenne ces mesures. Comme par exemple l'abandon de la quarantaine obligatoire pour les contacts à haut risque asymptomatiques et vaccinés. On allège ainsi la charge qui pèse sur la première ligne de soins, et on répond aux craintes d'absentéisme dans des secteurs critiques, mais on introduit aussi un nouveau risque", a souligné le virologue.

Sans quarantaine imposée, il y a en effet davantage de risque que des personnes vaccinées qui se portent bien transmettent sans le savoir le coronavirus à d'autres. Le virologue appelle donc les citoyens à la prudence et à limiter au maximum les contacts après avoir eu un contact à haut risque. Il recommande aussi de porter dans les premiers jours un masque FFP2. Il semblerait que le variant omicron se retrouve surtout dans la gorge plutôt que le nez, affirme également Marc Van Ranst. Or, les autotests utilisés actuellement fonctionnent avec un prélèvement dans le nez. Il recommande d'éventuellement les utiliser en effectuant aussi un prélèvement dans la gorge.

Moins de suivi, plus de chances que l'épidémie s'accélère

Le biostatisticien Geert Molenberghs (UHasselt/KU Leuven), interrogé par nos confères de Het Nieuwsblad, confirme : "Nous devons être assez prudents. En testant moins, vous perdez un peu de suivi de l'épidémie." Celui-ci explique ensuite, "Bien sûr, vous ne pouvez rien faire d'autre que de vous ajuster si la capacité n'est plus là, mais cela reste une décision difficile. Si elle n'est pas suivie, il y a plus de chances que l'épidémie s'accélère plus rapidement."

Finalement, le psychologue Maarten Vansteenkiste (UGent) met en garde dans le quotidien flamand contre le risque qu'il y ait une fausse perception de la sécurité, "comme cela s'est déjà produit avec les premiers vaccins et le Covid Safe Ticket".