La Fédération des entreprises de Belgique (FEB) prône un relèvement du taux d'emploi, plutôt qu'une manifestation en rue, pour soutenir la sécurité sociale, en réponse à une action de la FGTB mardi.

Le syndicat socialiste a en effet appelé à une manifestation dans les rues de Bruxelles mardi matin pour "une sécurité sociale renforcée et justement financée". Une initiative que ne comprend pas la FEB. "Au lieu de manifester en rue, il me semble plus constructif de formuler des propositions politiques constructives. Si nous parvenons à relever notre taux d'emploi, nous augmentons les recettes et nous diminuons les dépenses de la sécurité sociale et nous les mettons mieux en concordance avec les performances de notre économie. Qui peut s'opposer à cette idée ?", demande l'administrateur délégué de l'organisation patronale, Pieter Timmermans, cité dans un communiqué.

La FEB considère que la sécurité sociale doit être durable, par le biais d'un équilibre entre la solidarité et l'assurance. "En 2020, cet équilibre est compromis, particulièrement pour nos pensions: les pensions légales représentent le plus gros poste (41%) des dépenses totales de la sécurité sociale. Et pourtant la contrepartie est trop faible. Le ratio de remplacement (c'est-à-dire le rapport entre la pension nette et le salaire net gagné par le travail) est particulièrement faible: 50,1%", poursuit la FEB, qui ajoute que la Belgique investit 28,9% de son PIB dans les dépenses sociales et se situe ainsi "dans le peloton de tête de l'OCDE derrière la France".

Pour garantir la stabilité de la Sécu, la FEB met en avant plusieurs mesures comme la prévention des risques ou une affectation de l'enveloppe bien-être prioritairement à la lutte contre la pauvreté, en réduisant l'écart entre le seuil de pauvreté et les allocations minimums. La FEB estime aussi qu'une sécurité sociale performante "doit stimuler le 'travail' qui doit toujours être plus avantageux que 'l'inactivité'".

L'organisation patronale se dit encore favorable, elle aussi, à un relèvement des pensions les plus basses, "qui doit être une priorité pour la prochaine législature". La FEB estime cependant qu'il serait bien de clarifier certains points, dont la façon de financer ce relèvement. "(...) mais il est incontestable que nos carrières doivent être allongées et non raccourcies. C'est en effet la seule manière d'obtenir une pension plus élevée", juge-t-elle.