Ce vendredi après-midi se tenait un énième Comité de concertation. Au centre des débats, cette fois, figuraient notamment les conditions de réouverture des terrasses et les perspectives pour la saison estivale. Mais le principal objet des crispations se portait sur un éventuel déconfinement de la culture. Si les acteurs du secteur attendaient beaucoup de cette réunion, force est de constater que leurs espoirs ont été douchés. La presse francophone est unanime: les cris de désespoir lancés par le monde culturel depuis des mois, et surtout les dernières semaines, n'ont visiblement pas été entendus.

"La culture est, depuis le début de la pandémie, oubliée. Niée, abandonnée, sacrifiée", dénonce La Libre Belgique ce samedi. Si la culture passe à la trappe, c'est parce que, contrairement à d'autres secteurs, elle est très peu défendue au fédéral ou parmi les experts, avance La Libre. Or, le secteur, qui a perdu 99,9% de ses rentrées en un an, est "à genoux", déplore encore le quotidien, avant de conclure par une mise en garde: "La culture c’est la vie. Et sans elle, nous risquons de survivre sans joie. Ou de mourir à petit feu".

"Poker menteur"

Même son de cloche du côté de la Dernière Heure, qui dénonce les "espoirs douchés" de la culture et le manque de perspectives. "Pourquoi traîner ? Comment se fait-il que l’on ne puisse pas être plus précis pour enfin donner des perspectives à tous ceux – et ils sont nombreux – qui vivent de la culture et de l’événementiel?", s'interroge le quotidien, qui ne se montre guère optimiste quant à la tenue potentielle des festivals d'été. "Ne peut-on pas une fois pour toutes siffler la fin de cette médiocre partie de poker menteur et donner de vraies perspectives à ces gens ?", conclut le journal.

" Arrêter de promettre si c’est pour ne pas tenir", titre pour sa part Le Soir, qui déplore le "yo-yo" de la communication gouvernementale et les faux espoirs donnés par le monde politique, qu'il qualifie d'"incompréhensibles" et "agaçants". Si le quotidien salue l'autorisation d'ouvrir les terrasses, il dénonce également le peu d'assouplissements décidés à l'égard de la culture: " Si l’accès limité aux terrasses va permettre de relâcher un peu de pression, comment satisfaire les organisateurs de spectacles avec 50 personnes en extérieur dès le 8 mai alors que des centaines de personnes risquent de se retrouver assises à boire des verres, sans masque ?".

"Silence assourdissant"

Nos confrères de Sudpresse se montrent également très vigoureux à l'égard des décideurs, et dénoncent leur "mépris magistral" par rapport au secteur culturel. "Ce manque d’intérêt manifeste, cette opacité terrible, ce silence assourdissant tue lentement la culture et les artistes", regrette le quotidien.

Enfin, L'Avenir souligne un changement dans le ton employé par les autorités, mais dénonce tout de même le flou ambiant qui règne dans la majorité des secteurs. "Derrière le ton presque guilleret, l’étreinte ne s’est guère relâchée", déplore le quotidien. A l'instar de l'ensemble de la presse francophone, L'Avenir pointe du doigt le "marasme" dans lequel est plongé la culture, et le calendrier "peu précis" et "sous conditions" des futurs assouplissements.