Dès son entrée en fonction à la présidence du parti, François De Smet avait annoncé l'organisation d'une université d'été durant laquelle les marqueurs libéraux sociaux de l'idéologie des amarantes serait précisés.

De son propre aveu, la crise liée à la pandémie a accentué la nécessité de préciser l'approche du parti dans le contexte des changements engendrés par celle-ci dans les méthodes de travail, de déplacements et d'échanges.

La matinée prolongée de réflexion était articulée autour de différents ateliers dont la trame avait été élaborée par Didier Gosuin, ex-ministre bruxellois de l'Economie et de l'Emploi et auteur d'un ouvrage consacré "à l'impasse néolibérale".

L'objectif non déclaré ouvertement des Démocrates Fédéralistes Indépendants est d'asseoir davantage la doctrine économique et sociale de DéFI sur l'échiquier politique (francophone) belge, dans un contexte de profonde mutation.

Le positionnement institutionnel du parti semble à présent moins fondé sur un objectif en soi que sur les éléments de sa doctrine sociale et libérale.

"Face aux enjeux de changement climatique ou énergétique, de développement technologique, ou de l'évolution socio-démographique, nous semblons incapables de dépasser le court terme... Pour faire face aux enjeux, nous avons besoin au niveau belge, comme en intra-francophone, de bonnes institutions pour faire de bonnes politiques et non des institutions préconfédérales comme celles de la dernière réforme de l'Etat qui n'ont produit que désordre et coûts financiers excessifs", a ainsi commenté Didier Gosuin, devant les militants.

Les ateliers consacrés aux moyens de "réenchanter la démocratie" - notamment via des formes de participation citoyenne, de transparence et d'information -, au réinvestissement dans le capital humain, et à une plus grande équité fiscale, ont mis en avant les valeurs d'équité, de solidarité mais aussi de responsabilité qui constituent, selon Didier Gosuin, le socle du combat de DéFI.

A ses yeux, il est de la responsabilité de l'élu d'"ouvrir le champ d'une nouvelle citoyenneté"; du citoyen "de s'extraire de sa posture douillette de consommateur ou d'assisté pour participer aux choix de société de demain"; de l'entreprise qui se doit désormais d'être transparente dans sa démarche économique et dans toute sa chaîne de production y compris chez ses sous-traitants.

L'université des amarantes a été ponctuée d'hommages à Jacques Georgin, militant FDF, décédé il y a cinquante ans, des suites de coups de gourdins assénés par des extrémistes flamingants de la Vlaamse Militanten Organisatie (VMO) et à Antoinette Spaak, décédée à la fin du mois d'août dernier. Jusque dans les derniers mois de sa vie, la ministre d'Etat et ex-présidente du FDF avait continué à répondre présente à de nombreux congrès et autres rassemblements du parti.