Depuis l'annonce de ce moratoire, des dizaines de demandes, émanant essentiellement de projets musulmans, mais aussi protestants et orthodoxes, sont en souffrance.

Pour justifier ce coup d'arrêt, Mme Homans avait affirmé qu'elle ne recevait pas suffisamment d'informations sur les projets soumis et que les critères de reconnaissance étaient trop flous.

Une étude de l'université catholique de Louvain (KUL) en 2019 a proposé de nouveaux critères, dont une période d'essai de cinq ans et une plus grande transparence financière.

Le nouveau ministre des Affaires intérieures Bart Somers (Open Vld) a déposé un nouveau projet de décret sur les critères de reconnaissance. S'il rentre en vigueur comme prévu en septembre 2021, les cultes reconnus auront un an pour se mettre en conformité. Les nouvelles demandes devront suivre un parcours de quatre années au cours desquelles la communauté locale sera suivie et accompagnée.

L'une des conditions interdit tout financement étranger et toute ingérence d'État étranger. Les serviteurs du culte devront satisfaire à l'intégration civique. L'administration flamande sera aussi renforcée pour contrôler le respect des nouvelles règles et échanger le cas échéant des informations avec la Sûreté de l'État, la police et les autorités locales. "Nous pourrons ainsi gérer les dérives plus vite et au mieux, mais aussi mieux défendre contre les critiques infondées les communautés qui fonctionnent bien", selon le ministre Somers.

La Région wallonne avait adopté ses propres critères de reconnaissance en 2017, s'inscrivant elle aussi explicitement dans le cadre de la lutte contre le radicalisme violent.