Deux militants de Greenpeace ont piégé les vendeurs du leader belge du bricolage via caméras cachées.

Deux militants de Greenpeace se sont mués en mystery shopper à la recherche de désherbants pour leurs jardins. La cible ? Le Round Up vendu dans la chaîne de magasins Brico, leader du marché en Belgique. Face aux questions des trois faux clients lambda, les vendeurs des Brico proposent tous le produit Round Up ou d’autres équivalents contenant du glyphosate. “Voici le Round Up, il désherbe jusqu’à la racine et il a un effet rapide”, répond un premier vendeur. Un autre : “Greenpeace entre autre est contre mais c’est le plus efficace”. Un autre, encore, reconnaît que tous les produits désherbants vendus dans le rayon du Brico contiennent du glyphosate. “Toxique”, demande le mystery shopper de Greenpeace ? “Ce n’est en tout cas pas un produit écologique. Ce n’est pas plus nocif pour autant. Ca c’est une fable”. Ce vendeur explique de son côté que “ce n’est pas bon pour la terre mais ce n’est pas nocif pour les hommes” tandis que son collègue ira même jusqu’à affirmer que “le glyphosate n’est pas cancérigène. […] Rien de ce qui se trouve ici n’est nocif. Sinon, notre chef serait déjà en prison…”

Ce discours contredit très clairement les recommandations de l’OMS qui juge le glyphosate comme étant “probablement cancérigène”. Plus en détail : le glyphosate a été classifié “cancérigène probable” par le Centre international de recherche sur le cancer de l’OMS. Cette classification est utilisée en présence de preuves limitées chez l’homme et de preuves suffisantes résultant de tests de laboratoire sur des animaux que la substance peut être cancérogène pour l’homme. Pour Muriel de Pauw de la campagne Agriculture chez Greenpeace Belgique, “Brico nie les preuves scientifiques et l’inquiétude croissante concernant les conséquences de cet herbicide. Ses bénéfices l’emportent vraisemblablement sur notre santé et l’environnement”.

D’après un arrêté royal du 24 novembre 2015, les vendeurs sont tenus d’informer sur les risques de l’emploi de pesticides pour l’environnement et la santé. Ils sont également censés informer le consommateur correctement sur les alternatives à la lutte chimique, poursuit Greenpeace dans son communiqué. “Si Brico ne peut assurer que ses employés informent correctement les clients sur les conséquences du glyphosate sur la santé et l’environnement, il serait préférable de retirer ces produits de ses rayons – comme l’ont fait de nombreux magasins dans nos pays voisins”, poursuite Muriel de Pauw. Pour rappel, le glyphosate est interdit à Bruxelles et en Wallonie. Pas en Flandre… Dans les pays voisins, de nombreuses enseignes ont retiré les produits au glyphosate de leurs rayons. Citons ainsi les magasins U en France, Gamma, Coop et même Praxis (une société sœur de Brico) aux Pays-Bas.