Selon plusieurs informations parues dans la presse, experts et politiques auraient mis en place un “plan culture”. La volonté est de permettre l’organisation d’événements rassemblant jusqu’à 100 personnes à l’intérieur et 200 à l’extérieur, et ce dès le 8 mai. Mais cet assouplissement pour le secteur culturel, envisagé par le Comité de concertation, est-il raisonnable ? Peut-on déconfiner le monde culturel ? “Je pense que oui. Les protocoles que l'on a utilisés après la première vague ont très bien fonctionnés", assure Yves Coppieters. "Ce sont des choses que l'on pourrait reprendre et que l'on aurait dû oser reprendre déjà à partir de janvier ou février, une fois que l'on était bloqué dans ce plateau post-seconde vague".

Pour l'épidémiologiste, au lieu d'attendre une diminution des chiffres et la sortie de ce plateau, il aurait été possible de reprendre "des activités à moindre risque", qu'il définit comme activités encadrées par des protocoles strict mis en place par les différents secteurs et pendant lesquels les gestes barrières restent la norme.

A qui la faute ?

"C'est toujours facile de refaire l'histoire", admet l'expert qui ne veut "surtout pas" se montrer comme "faiseur de leçon". "Mais on peut aussi avoir un regard critique par rapport à ce qu'il s'est passé dans cette crise", souligne l'expert. "Dans cette crise, ni les politiques, ni les experts n'ont jamais reconnu une responsabilité individuelle dans les erreurs que l'on peut faire, dans les mauvais choix. C'est peut-être ça que l'on reproche un peu dans cette crise, et j'en prends une part de responsabilité, mais c'est que personne n'assume jamais vraiment les choses".

Les vaccins, l'arme principale pour vaincre le virus

Yves Coppieters est également revenu sur le risque de thrombose associé à plusieurs vaccins, dont celui de Johnson & Johnson, autorisé hier par l'Agence européenne des médicaments (EMA). "Avoir un signe positif de l'EMA était déjà rassurant. Johnson & Johnson fera bien partie de la stratégie vaccinale en Europe et en Belgique. Maintenant, quelle sera la population cible de ce vaccin? Cela sera défini vendredi", rappelle l'expert, pour qui les recommandations risquent d'être assez semblables à celle du vaccin AstraZeneca.

Selon l'épidémiologiste, la vaccination ne sera pas la seule porte de sortie. Les traitements ont eux-aussi un rôle à jouer dans cette lutte, qui risque encore de durer. Selon lui, la crainte de variants plus contagieux ou capables de réagir à l'immunité de masse produite par la vaccination. Raison de plus, selon lui, pour aller vite dans la vaccination et limiter les probabilités d'apparition de tels variants.