Belgique

Pourquoi le service BE-Alert n'a-t-il pas fonctionné ? C'est la question posée par une jeune femme prénommée Corinne qui a pris le métro dans la station Maelbeek le 22 mars dernier juste avant l'explosion. Dans Paris Match, elle explique s'être inscrite au service BE-Alert au mois de novembre dernier après les attentats de Paris, lorsque la Belgique était sous la menace terroriste.

"J’avais fait inscrire toute ma famille, dont mes parents âgés et ma sœur qui souffre d’un handicap. Mardi dernier, jour des attentats à Bruxelles, personne n’a reçu d’alerte. Si, avant de prendre le métro, j’avais reçu un SMS me tenant au courant de la menace terroriste, jamais je n’aurais pris le risque d’entrer dans la station de Maelbeek. Je serais restée à l’abri et n’aurais pas dû compter sur le hasard pour pouvoir être en vie et témoigner", s'indigne-t-elle.

Sur le site internet du Centre de Crise, il est possible de s'inscrire pour profiter du nouveau système d’alarme BE-Alert depuis le mois d'avril 2014. "BE-Alert est le nouveau système qui permet de diffuser des messages rapidement et de manière très ciblée, selon la nature de la catastrophe et le niveau de crise. En cas de catastrophe, la population était, jusqu’à présent, alarmée principalement par des sirènes, les haut-parleurs de véhicules de police et les médias. Cet arsenal est aujourd’hui complété par des messages sur GSM ou téléphone fixe", peut-on lire sur le site web en guise d'introduction. Sur papier, le service BE-Alert semble donc plutôt efficace.

Mais pourquoi les personnes inscrites n'ont-elles donc pas reçu de SMS le 22 mars dernier ? "Les attaques de la semaine passée étaient une situation exceptionnelle, avec deux endroits touchés. BE-Alert n'a donc, en effet, pas pas été déployé", indique Peter Mertens, porte-parole du Centre de Crise. "L'actuel projet-pilote qui est réalisé dans un cadre limité (nombre d'utilisateurs, budget, rapidité et capacité) afin d'acquérir de l'expérience touche bientôt à sa fin. Malheureusement, la mise en place ce projet-pilote n'a pas permis de gérer une situation d'une telle ampleur. D'autant plus qu'il y a rapidement eu une saturation du réseau de télécommunications."

Le porte-parole du Centre de Crise annonce cependant qu'une nouvelle plate-forme comprenant davantage de possibilités et de capacités sera opérationnelle sur l'ensemble du territoire belge à partir de septembre-octobre 2016. "En parallèle à ce développement, nous travaillons sur une technologie qui permettra l'envoi de SMS à tous les GSM actifs dans une zone définie. Cette technologie offrira une réponse plus efficace au type de situations que nous venons de traverser", fait valoir Peter Mertens.

"Une fois BE-Alert opérationnel avec toutes ses fonctionnalités, nous ferons en sorte qu'il soit ancré dans les réflèxes du Centre de Crise", conclut le porte-parole.