Le lancement de la campagne de vaccination en Belgique ne s'est pas vraiment déroulé comme prévu, notamment au Heysel, où est installé le plus grand centre de vaccination du pays. Après plusieurs couacs, dont un problème informatique, la vaccination a pu débuter correctement au Palais 1 il y a plus de 10 jours maintenant. Mais pourtant, les chaises installées dans le vaste hall pour les futurs vaccinés contre le Covid-19 restent en grande partie vides.

Sur La Première ce matin, Rudi Vervoort a donné quelques explications sur le sujet. "Les soucis sont multiples", a commencé le ministre-président de la région Bruxelles-Capitale, "Il y a d'abord le type de vaccin qui peut poser problème pour certains. La Belgique a décidé d'être très prudente sur le vaccin AstraZeneca, en le limitant aux personnes de moins de 55 ans, alors que l'Europe le préconisait plutôt au moins de 65 ans. Quand on doit administrer ces doses, c'est donc compliqué, car certaines personnes dans ces zones d'âge disent qu'elles ne veulent pas de ce vaccin-là". Premier problème donc, le manque d'adhésion aux doses d'AstraZeneca.

Deuxièmement, a encore expliqué Rudi Vervoort, le système informatique qui envoie les convocations connaît quelques difficultés. "Et ce n'est pas acceptable comme excuse. Je pense, comme le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke, qu'il faudrait un 'reset' de la campagne de vaccination". Selon le ministre-président, revoir cette stratégie devrait bien améliorer le taux de vaccination en Belgique.

Afin de remplir les centres du pays, le panel de personnes pouvant déjà recevoir leurs doses de vaccin s'élargit. Ce n'est pas une mauvaise chose, mais Rudi Vervoort espère que ça ne va pas causer d'autres problèmes: "Il ne faut pas croire que l'on peut ouvrir les vannes comme ça. Car on pourrait se retrouver alors devant d'autres images: des files interminables devant les centres et plus de doses à administrer".

Il a également concédé que le manque de clarté dans la communication autour de la vaccination n'aidait en rien la population. Selon lui, et comme d'autres experts le répètent beaucoup ces dernières semaines, il faut montrer aux Belges "des chiffres et des preuves" sur l'importance de se faire vacciner. Peut-être y aurons-nous droit vendredi, lors du prochain Comité de concertation. Ou plus tôt dans la semaine, puisque les ministres de la Santé se réunissent dès ce mercredi pour revoir la stratégie de vaccination.