La situation épidémiologique semble s'améliorer en Belgique. Tous les indicateurs sont actuellement au vert dans notre pays: les contaminations, les hospitalisations et les décès diminuent. Ces données positives laissent rêver à des jours meilleurs et à une reprise de certaines activités à l'arrêt depuis plusieurs mois. Des personnalités politiques, comme Bart De Wever, Georges-Louis Bouchez et Pierre-Yves Jeholet, ont plaidé en ce sens, demandant que soit mis sur la table des discussions le fameux déconfinement. Une réouverture des restaurants dans le courant du mois de mars a même été évoquée. Du côté des experts, certains se sont montrés favorables à un assouplissement des mesures prochainement, tandis que d'autres ont préféré se montrer prudents.

L'infectiologue Erika Vlieghe (UAntwerp) a ainsi estimé dans les colonnes de Het Laatste Nieuws qu'il ne serait pas possible de déconfiner à la date du 1er avril. Appelant ses collègues à ne pas spéculer sur d'éventuelles dates, la présidente du GEMS (groupe d'experts qui conseille le gouvernement) a insisté sur le fait qu'"il y avait deux grandes inconnues qui pèseront dans la balance". "Tout d'abord, il y a l'évolution épidémiologique. Les contaminations et hospitalisations sont bel et bien en train de doucement diminuer, mais il faut que cette baisse aille plus loin encore. Or, il est impossible de prédire si cela se réalisera. Tout ce que nous pouvons faire, c'est continuer à respecter les mesures", a détaillé Mme Vlieghe à nos confrères de HLN. "Ensuite, il y a l'évolution de la campagne de vaccination. Elle suit également son propre rythme et nous sommes fortement dépendants des livraisons."

Restant prudent également, l'épidémiologiste Marius Gilbert (ULB) a postulé qu'un déconfinement serait envisageable à partir du mois de mai, mais pas avant. "Tout cela va devoir se faire graduellement", a-t-il expliqué sur le plateau de RTL, ce dimanche 14 février. "Chaque fois que l'on va déconfiner quelque chose, ce sera avec une grande prudence et en l'accompagnant de dispositifs."


De l'espoir pour les vacances de Pâques

Yves Coppieters a quant à lui estimé dans les colonnes de La Libre qu'un assouplissement des mesures serait possible dès le mois de mars. Prônant un déconfinement "prudent" et "différencié" au sein des secteurs, le professeur de santé publique à l'ULB a invité les autorités à abandonner la politique du zéro virus en faveur d'une stratégie de gestion de risque. "On peut tout à fait se dire qu'au printemps, peu importe l'évolution épidémiologique, on lâchera un peu de lest, mais avec des mesures particulières, comme le fait de servir uniquement en terrasse ou de limiter les heures d'ouverture des restaurants, a argué l'épidémiologiste. Je pense que c'est tout à fait raisonnable de procéder de la sorte." Selon l'expert, le couvre-feu devrait être une des premières mesures à être abolies. "On sait que si on veut reprendre les activités culturelle ou sociale en soirée, il faut d’abord lever le couvre-feu", a-t-il postulé sur le plateau de la RTBF. "Donc je pense que c’est une mesure qui doit être rapidement levée pour voir quel est son impact."


Le biostatisticien Geert Molenberghs n'a pas voulu pour sa part avancer de date précise, mais s'est montré en faveur d'un assouplissement à l'horizon des vacances de Pâques. "Nous pouvons certainement y réfléchir", a commenté celui à qui a souvent été reproché son discours trop anxiogène. "L'effet saisonnier jouera à notre avantage. La campagne de vaccination facilitera aussi les choses." Mais, encore une fois, pas question de tout rouvrir en même temps. "Il s'agira d'un assouplissement progressif, étape par étape", a mis en garde M. Molenberghs sur Radio 1.

Le porte-parole interfédéral, Steven Van Gucht, a également tenu à souligner les tendances positives dans notre pays, qui permettent d'envisager un prochain déconfinement. Mais le virologue de Sciensano a averti la population: il ne faut pas aller trop vite et bien suivre la campagne de vaccination.