Un lynx a été photographie il y a quelques jours en Wallonie. Une découverte qui étonne le WWF. Selon une étude réalisée l'été dernier par l'organisation, la Belgique ne pourrait accueillir qu'entre 20 et 30 lynx en raison de la fragmentation de son territoire et du manque de connectivité entre les massifs forestiers, morcelés par les autoroutes et les zones urbaines. Selon l'association, Ii est aussi nécessaire que cette population potentielle s’étende en France et en Allemagne pour qu’elle puisse être viable à long terme.

Quelques lynx ont été observés à l’est du pays à la fin des années 1990 - début 2000 mais ils semblent avoir disparu. Les lynx les plus proches se situent dans le massif du Palatinat en Allemagne, à 150 km de la frontière belge. Leur population a été renforcée par le lâcher de 20 lynx entre 2016 et 2020. Le félin n’a pas la même faculté de déplacement que le loup et il est donc assez rare qu’il parcoure une si grande distance, surtout dans un habitat non-optimal comme la Belgique. Son observation en Wallonie est donc une surprise pour le WWF.

Le lynx est le plus grand félin européen. Ce grand prédateur d’une vingtaine de kilos préfère vivre en forêt et chasse surtout les chevreuils, une espèce bien présente chez nous. Cette espèce au sommet de la chaîne alimentaire est donc la bienvenue chez nous. C’est un animal solitaire, chaque individu a un très grand territoire d’une centaine de km2, celui des mâles est plus grand et recouvre celui d’une ou plusieurs femelles. Pour accueillir une population viable de lynx, il faut donc beaucoup d’espace favorable mais aussi que celui-ci soit connecté à d’autres populations de lynx.

Cet été, le WWF a réalisé une première étude sur l’habitat potentiel du lynx en Belgique. Celle-ci montre qu’il y a de 3000 à 4000 km2 d’habitat disponible pour l’espèce. Cette surface pourrait convenir à une trentaine d’individus maximum. De plus, comme le montre la carte ci-dessous, cet habitat est très morcelé par les villages, les zones ouvertes et les autoroutes, ces dernières forment souvent des barrières ou un piège mortel pour l’espèce. Il est donc nécessaire d’améliorer la connectivité entre massifs en construisant, par exemple, des écoducts au-dessus des autoroutes ou améliorant le bocage dans les zones ouvertes séparant les massifs. Mais aussi de travailler avec nos voisins pour mieux connecter cet habitat potentiel avec les populations de lynx les plus proches comme celle du Palatinat.