Le kern s’est réuni lundi soir avec un objectif précis : trouver des mesures d’aide pour alléger la facture énergétique des Belges. La pression montait depuis plusieurs jours chez les différents partis partenaires de la majorité, chacun y allant de sa propre proposition, à gauche autant qu’à droite.

Pour ce troisième paquet d’aides, le gouvernement fédéral investit 1,3 milliard d’euros dans des mesures pour réduire la facture d’énergie des ménages et des entreprises. Cette somme est en grande partie financée par les recettes supplémentaires induites par la hausse des prix (1,08 milliard d’euros). Cet effort vient s’ajouter au 1,1 milliard d’euros de soutien annoncé début février.

La Vivaldi s’est accordée pour réaliser une intervention sur les prix du diesel et de l’essence à la pompe. Les accises sur le diesel et l’essence seront réduites temporairement de 0,175 euro par litre. Cette mesure aura pour effet temporaire une diminution de 10 euros à la pompe pour un plein de 60 litres. Le cliquet inversé entrera en vigueur à partir de 1,70 euro par litre. Cette mesure sera réévaluée à la mi-juin.

Le gouvernement a également décidé de réduire temporairement à 6 % la TVA sur le gaz, et ce à partir du 1er avril et jusqu’au 30 septembre 2022. “Pour un ménage moyen, cela permettrait d’économiser un peu plus de 200 euros”, calcule le professeur Damien Ernst. La décision prise début février de réduire la TVA à 6 % sur l’électricité est également prolongée jusqu’au 30 septembre 2022.

Les ménages qui se chauffent au mazout, au propane ou au butane bénéficieront, eux, d’une réduction automatique de 200 euros sur la facture. Le gouvernement a enfin décidé de prolonger le tarif social élargi jusqu’au 30 septembre.

Au-delà du volet énergie, le kern a aussi décidé de prolonger le régime de chômage temporaire exceptionnel jusqu’au 30 juin.

Le prix des billets SNCB sera gelé, une mesure réclamée par Ecolo-Groen afin d’inciter les Belges à moins prendre leur voiture. “Ces mesures urgentes sont un antidouleur nécessaire contre des prix historiquement élevés. La deuxième partie s’attaque à la cause : accélérer la transition énergétique et réduire la dépendance à l’égard des combustibles polluants coûteux provenant de l’étranger”, a tweeté juste en fin de kern la ministre de l’Energie Tinne Van der Straeten (Groen).

Avant la réunion, les Verts avaient manifesté leur manque d’enthousiasme envers l’idée de jouer sur les accises, avançant que cela représentait un manque à gagner considérable pour l’État – près de 5,6 millions d’euros, soit plus de 2 milliards si la mesure venait à être appliquée sur l’année entière. Les élus Ecolo-Groen reconnaissent la nécessité d’apporter des aides à court terme, mais ils estiment que ce n’est pas suffisant, ni viable sur le long terme. Ils sont conscients que des catégories de la population sont dépendantes de leurs voitures pour se déplacer, mais ils insistent auprès de ceux qui peuvent s’en passer pour se tourner vers les transports en commun. Avec une nuance entre les deux versants écologistes. Là où Meyrem Almaci, présidente de Groen, et Petra De Sutter, ministre de la Fonction publique, militaient pour réduire le prix des billets de train, de bus ou de tram, Georges Gilkinet (Ecolo) rappelait au parlement, en tant que ministre de la Mobilité, que les coûts de la SNCB avaient augmenté avec la crise énergétique. Néanmoins, ils se rejoignent pleinement sur cette aspiration à entrer dans une transition économique et environnementale qui soit la plus rapide possible afin d’atteindre une souveraineté énergétique. À Bruxelles et en Wallonie, on parle ainsi d’investir dans le renouvelable et dans l’isolation des bâtiments.

“Notre pays continue dans le même temps à faire pression sur l’UE, notamment pour qu’elle gèle les prix du gaz”, a insisté de son côté le Premier ministre Alexander De Croo.

Ce sont “des mesures nécessaires pour préserver les classes moyennes dont nous devons baisser les impôts”, a pour sa part ajouté Georges-Louis Bouchez, président du MR.