Une des pistes est de remplacer la cotisation fédérale par des accises. Augmenter la rente nucléaire, la taxe fédérale due par Electrabel sur les revenus issus de l'atome, est par contre exclu. Le contrat avec l'entreprise étant impossible à adapter, affirme le gouvernement. "La demande relative au 'windfall profit' est tout à fait justifiée", a indiqué Mme Van der Straeten, en réponse à Raoul Hedebouw (PTB). Les communistes avaient suggéré mercredi d'instaurer une taxe sur "les surprofits" des multinationales de l'énergie. "Il a été demandé à la CREG (régulateur) d'examiner les profits excédentaires des centrales nucléaires, des éoliennes et des fournisseurs", a répondu la ministre écologiste. "Engie paie aujourd'hui le taux d'intérêt pour le nucléaire le plus bas depuis 10 ans. Seulement un tiers des profits sont retenus. J'ai immédiatement fait des recherches sur ce qu'on peut entreprendre. Et je suis littéralement pied et poings liés par le précédent gouvernement", a-t-elle expliqué.

"Le gouvernement précédent (de Charles Michel, ndlr), avec la N-VA, a signé un accord avec Engie qui scelle dans le béton cette situation avantageuse pour Engie. Il a rendu impossible toute adaptation de l'accord signé, pour toutes les centrales (y compris les centrales qui ne sont pas prolongées). Le risque, si nous modifions unilatéralement le contrat, est qu'Engie, en plus de la réclamation d'éventuels dommages lourds, réactive un certain nombre d'anciens litiges."

"Le gouvernement fédéral est évidemment bien conscient de l'impact sur nos ménages", a de son côté répondu M. Van Peteghem aux nombreuses questions des députés. "Dans le cadre des discussions budgétaires, nous cherchons des solutions ponctuelles, mais aussi de nature plus structurelles. Et changer la taxe en un système d'accise peut offrir une politique énergétique plus ciblée. Cette réforme est une démarche importante permettant de contrôler la partie fédérale dans la facture énergétique, au-delà de la prolongation du tarif social."

Selon Tinne Van der Straeten, il s'agit d'une économie d'une cinquantaine d'euros. "Pourquoi une économie si limitée ? Parce que nous n'avons qu'un impact de 5% sur la facture".

La précédesseure de Tinne van der Straeten à l'Energie, Marie Christine Marghem (MR), a salué des "réponses porteuses d'espoir" même si "le remplacement quote-part par des accises ne va pas diminuer la facture, mais seulement éviter qu'elle n'augmente encore". Les libéraux ont rappelé leur préférence à la mise en place d'un système de cliquet.

La N-VA a peu apprécié la remarque de la ministre de l'Energie. "Les recettes TVA ont déjà été distribuées. Mais quand il s'agit des bénéfices des centrales, il est regrettable que la ministre se cache derrière cela (le contrat)", a déploré le député Bert Wollants.