L'association, rejointe par 62.000 citoyens, a intenté une action contre l'État et les trois Régions en vue de contraindre les autorités belges à respecter leurs promesses dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique. Les avocats des demandeurs ont commencé leur plaidoirie mardi en rappelant au tribunal les causes et conséquences du réchauffement climatique, les missions du GIEC (groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) et la notion de "réchauffement climatique dangereux".

"L'atmosphère est polluée par une présence de plusieurs gaz qui s'y accumulent, surtout du dioxyde de carbone (CO2), provoquant ce qu'on appelle l'effet de serre. Le moment de cette hausse spectaculaire, et spectaculairement rapide, de présence de CO2 dans l'atmosphère correspond à l'ère industrielle. Et il existe un lien clair entre les émissions cumulatives de CO2 dans l'air et le réchauffement climatique, qui a augmenté globalement d'un degré par rapport au début de l'ère industrielle. Si l'on veut limiter le réchauffement climatique, il faut donc limiter les émissions de C02", a tout d'abord rappelé Me Carole Billiet.

"Le groupe d'experts du GIEC, créé en 1988 dans le cadre de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, a pour mission d'étudier et d'évaluer les données utiles à la compréhension de ces changements du climat. Il rend des rapports à destination, non pas des scientifiques ou autres, mais bien des responsables politiques. Aucun rapport ne voit le jour sans approbation des 195 pays adhérents. Leur contenu est reconnu par la communauté mondiale des États", a expliqué l'avocate.

Le GIEC, a-t-elle détaillé, a élaboré plusieurs scénarios au sujet du réchauffement climatique tel qu'il pourrait être à l'horizon 2100, le plus optimiste concluant à un réchauffement de 2°c et le moins optimiste concluant à un réchauffement de 4°c.

"La Belgique suit donc ceci depuis 1988 et a approuvé tous les rapports du GIEC", a insisté l'avocate.

Dans ce "procès climat", l'asbl Klimaatzaak attaque l'État fédéral, la Région de Bruxelles-Capitale, la Région flamande et la Région wallonne pour violation des droits de l'homme et de l'enfant. L'association, portée par quelque 62.000 personnes qui se sont jointes à son combat judiciaire, considère que les autorités politiques belges mettent en danger les citoyens en ne respectant pas les engagements qu'elles ont pris au niveau européen et mondial pour ralentir les émissions de CO2 du pays.

Les demandeurs entendent obtenir du tribunal qu'il contraigne ces quatre instances politiques à agir immédiatement, en commençant par réduire les émissions de gaz à effet de serre d'au moins 42% d'ici 2025, sous peine d'astreintes d'un million d'euros pour chaque mois de retard pris sur l'exécution de la décision.