Belgique

Il est possible de trouver suffisamment de candidats pour succéder à Dominique Leroy à la direction de Proximus avec le paquet salarial actuel, a expliqué mercredi le ministre des Télécommunications, Philippe De Backer, devant la commission des Entreprises publiques de la Chambre.

Le ministre Open Vld a rappelé que Proximus était une entreprise publique autonome et qu'elle n'était donc pas dirigée par le gouvernement. Il appartient au conseil d'administration de désigner le prochain CEO, a-t-il souligné. Une réunion est prévue ce jeudi pour faire le point sur la procédure et désigner vraisemblablement un chasseur de têtes. Une vingtaine de candidats externes se sont déjà manifestés.

Le futur patron de Proximus ne doit pas nécessairement être Belge, estime M. De Backer.

"C'est important qu'une recherche internationale soit organisée, que l'on cherche la femme ou l'homme qui soit le meilleur pour ce boulot. Ce ne doit pas nécessairement être un Belge même si je pense qu'en Belgique il est possible de trouver suffisamment de gens capables", a-t-il expliqué.

La question du salaire n'a pas manqué d'être posée. Personne n'a plaidé pour qu'il soit relevé, y compris le président Stefaan De Clerck qui a démenti les propos qui lui ont été prêtés ce week-end. Avant de préciser toutefois: "un bon CEO coûtera sans doute plus cher qu'un mauvais".

Aux yeux de plusieurs députés, une augmentation serait même inconvenante. "Rien ne justifie un salaire plus élevé alors que l'on est en période de restructuration", a fait remarquer Laurence Zanchetta (PS).

Le plafond actuel a été fixé à la suite d'une négociation entre le gouvernement Di Rupo et Belgacom, soit 500.000 euros plus une partie variable de 30% et un incitant à long terme, dont le montant n'a jamais été déterminé et qui n'a jamais été accordé à Mme Leroy, selon les explications fournies par M. De Clerck.

Or, cet élément était l'une des deux conditions que Mme Leroy mettait au renouvellement de son mandat à la tête de l'opérateur téléphonique. L'incitant aurait dû lui être accordé après que le volet social du plan de transformation de Proximus eut été bouclé, a précisé M. De Clerck.

L'offre faite entre-temps par KPN à Mme Leroy a chamboulé le scénario.

Le conseil d'administration, après consultation du comité de rémunération de l'entreprise, avait convenu d'une fin du mandat de la CEO au mois de décembre. Logique, selon M. De Clercq, puisque le mandat était interrompu avant terme. Cette annonce a toutefois suscité l'inquiétude des syndicats et amené le CA à revoir samedi sa position: Mme Leroy quittera Proximus à la fin de la semaine.

La CEO rejoindra KPN, société néerlandaise de télécommunication comme Proximus. Les termes de la clause de non-concurrence du contrat de Mme Leroy ont néanmoins été respectés, a affirmé M. De Backer.

L'opposition n'a pas été convaincue.

"Dans n'importe quel autre secteur, cela poserait problème. Et je m'étonne qu'il n'y ait pas une réaction plus forte du conseil d'administration et du gouvernement", a souligné le député Gilles Vanden Burre (Ecolo).


"Malgré ce salaire hyper-élevé, Mme Leroy a décidé de passer à la concurrence. Nous sommes rééllement surpris. J'espère que ce n'est pas pour travailler à la fusion de KPN et de Proximus. Ne faudrait-il pas se prémunir face à une telle opération?" a demandé Josy Arens (cdH).

Le gouvernement fédéral, avant qu'il ne soit en affaires courantes, avait ouvert la possibilité de baisser la part de l'Etat dans le capital de Proximus en dessous de 50%. Pour M. De Backer, le prochain gouvernement devra également se ménager cette possibilité. Une opinion partagée par la N-VA qui plaide aussi pour une privatisation plus grande de l'entreprise.