Avec 26,58 pc des voix (+0,33 par rapport à 2009), le PS a remporté le scrutin régional à Bruxelles dimanche soir, en pourcentages et en sièges, devançant le MR qui réalise 23,03%, sur base des résultats complets diffusés lundi en fin de matinée par le ministère de l'Intérieur. Le PS aura 21 députés bruxellois (=), contre 18 au MR dans l'hémicycle bruxellois ainsi renouvelé. Si l'on s'en réfère au résultat de 2009, cela représente, pour le Mouvement réformateur, 6 sièges de moins qu'en 2009 mais c'est sans tenir compte du fait que l'aile FDF a pris la clé des champs entre-temps.

Dans ce contexte, les libéraux ont en réalité gagné 5 sièges par rapport à la fin de la législature sortante, ce qui leur permet, soutiennent-ils, de revendiquer la victoire à Bruxelles.

Le FDF, qui se présentait seul depuis le divorce avec les réformateurs, enlève la troisième place du podium bruxellois. Les Fédéralistes démocrates francophones engrangent 14,81% des voix, ce qui leur procure douze élus.

Le cdH recule de plus de 3 points pour atteindre 11,73%, ce qui offre neuf sièges aux centristes (-2).

Ecolo, lui, s'effondre à 10,11%, soit une chute de près de 10 points par rapport au scrutin de 2009. Il perd huit de ses 16 députés.

Le PTB-Go! , avec 3,86 des voix, fait son entrée au Parlement bruxellois où la formation marxiste-léniniste disposera de quatre députés.

Côté flamand, c'est incontestablement l'Open Vld qui remporte l'élection. Le parti occupera cinq sièges (+1) Le sp.a arrive en deuxième position, juste devant Groen qui réalise une réelle percée. Les deux partis disposeront de trois élus chacun.

La N-VA n'arrive qu'en quatrième position dans la capitale. Les nationalistes arrachent 3 sièges (+2).

Le CD&V perd lui un siège. Il n'en aura plus que deux.

Enfin, le Vlaams Belang, grand perdant, n'aura plus qu'un élu à Bruxelles, contre 3 jusqu'ici.


Au niveau de la répartition par siège, voici comment cela se présente.


Quelle coalition ?

Les résultats actuels ne permettent pas à la coalition Olivier (PS, CDH, Ecolo), en place depuis 2004 côté francophone, de se maintenir au pouvoir au niveau régional à Bruxelles. Le nouveau paysage politique bruxellois pousserait plutôt les deux plus gros partis (PS et MR) à s’entendre avec un troisième pour constituer une majorité stable.

Deuxième enseignement : la chute d’Ecolo pourrait être compensée par le succès de Groen, les deux partis étant structurellement liés, et permettre aux verts de remonter dans l’attelage gouvernemental. Reste que la sanction est si sévère pour Ecolo qu’il paraît difficile de justifier une participation au pouvoir.

Côté néerlandophone, la majorité Open VLD, SP.A, CD&V qui semblait avoir la cote avant les élections pourrait être perturbée par la montée de Groen.


REACTIONS

Maingain (FDF) : Nous prendrons nos responsabilités

Les FDF prendront leurs responsabilités pour apporter un changement dans la gestion à Bruxelles, a affirmé le président des FDF, Olivier Maingain, devant les militants de la formation amarante réunis au QG du parti, à Bruxelles. "Ceux qui croyaient que notre parti n'avait plus d'avenir peuvent déchanter. Ce soir, c'est nous qui pouvons chanter", a notamment dit Olivier Maingain.

Rappelant que les FDF avaient opéré un choix déterminant en décidant de reprendre leur autonomie en 2011,M. Maingain a souligné que son parti était en train de confirmer sa capacité d'être la troisième force francophone à Bruxelles et dans l'arrondissement bruxellois de la Chambre.

"En Wallonie, nos amis ont fait les premiers pas des pionniers. Je peux vous annoncer que noter engagement est irréversible", a-t-il ajouté.

"Parce que les électeurs nous ont donné un mandat dans ce sens que ce soit à la Région bruxelloise, ou à la Chambre, nous apporterons la preuve de notre crédibilité dans la gestion publique", a-t-il conclu.


Gosuin: la coalition devra se distinguer dans la manière dont Bruxelles sera gérée

"Les FDF seront attentifs aux propositions qui seront faites en vue d'une coalition à Bruxelles. Après une sixième réforme de l'état que nous n'avons pas soutenue, il faudra que la future équipe ne mette plus Bruxelles en position de dépendance et se distingue dans la manière dont elle sera gérée", a affirmé le chef de file des FDF à Bruxelles, Didier Gosuin.


Le MR fait les yeux doux au FDF

Le sénateur et bourgmestre d'Uccle, Armand De Decker (MR), voit des "perspectives" associant le MR et les FDF au vu des premiers résultats électoraux. Les deux partis qui se sont séparés pendant la législature font un résultat supérieur à celui qu'ils enregistraient lorsqu'ils se présentaient ensemble aux élections, a-t-il noté. "Comme nous sommes tous les deux des libéraux de sensibilité différente, ça ouvre des perspectives", a-t-il souligné sur le plateau de RTL-TVi.

Selon lui, le seul parti qui a participé à une majorité et qui progresse est le MR. "Tous les autres ont reculé", a-t-il ajouté.


De Wolf (MR) : Il serait honnête d'être associé aux discussions

Le MR sort en tout état de cause victorieux du scrutin de dimanche. Il serait honnête qu'il soit associé aux futures discussions en vue de la constitution d'une coalition à Bruxelles, a affirmé en soirée le chef de file des libéraux bruxellois, Vincent De Wolf. "Avec le FDF, nous étions en dessous du PS. Sans eux, nous sommes devant ou à égalité avec le PS et nous progresserions de six à sept sièges. Le FDF est le deuxième vainqueur de l'élection à Bruxelles", a notamment dit M. De Wolf, se disant ouvert à la discussion avec toutes les formations démocratiques en vue d'une future coalition à Bruxelles.