Belgique

En matière de qualité de l’air, l’année 2018 fut plutôt positive si l’on en croit le bilan provisoire publié par Irceline, l’organe interrégional qui centralise les mesures effectuées aux quatre coins du pays. En voici le détail.

Particules fines

"Pour la 5e année consécutive, la valeur limite journalière européenne pour les particules fines (PM10) a été respectée partout en Belgique. La limite journalière européenne pour les particules fines (PM10) est de 50 µg /m³ (concentration moyenne journalière). Cette limite ne peut être dépassée plus de 35 jours annuellement", explique la cellule interrégionale. "En Wallonie, la limite journalière a été respectée - de justesse - pour la quatrième année consécutive. Le maximum du nombre de jour de dépassement de la moyenne journalière de 50 µg/m3 en PM10 a été enregistré à Marchienne-au-Pont avec 34 dépassements. (Charleroi)."

Malgré les conditions météorologiques souvent favorables à l’augmentation de la pollution aux particules fines en 2018 (longues périodes sèches avec peu de précipitations), le nombre de dépassements de la limite journalières en 2018 est resté comparable à celui des années précédentes. Les concentrations moyennes annuelles de PM2,5 et de PM10 sont également restées stables les 4 dernières années. Seule ombre au tableau, les concentrations moyennes annuelles et le nombre de dépassements journaliers ont considérablement diminué depuis 1997 mais Irceline observe une stagnation au cours des quatre dernières années.

Les rues canyon, goulot à dioxyde d'azote

La situation en matière d’émanations en dioxyde d’azote est moins reluisante. En Flandre, la valeur limite (40 µg/m3 selon l’OMS) n'a été dépassée qu'à la station de surveillance située près du ring d'Anvers. Dans le centre-ville d’Anvers, la valeur limite de 40 µg/m3 a été atteinte (mais sans être dépassée) dans les stations de Belgiëlei et de Borgerhout (Straatkant). À Bruxelles, la valeur limite a été dépassée à Arts-Loi, carrefour au trafic automobile très élevé. Une moyenne annuelle de 56 μg/m³ (basée sur des chiffres non encore validés) y a été mesurée, ce qui représente en 2018 la concentration de NO2 la plus élevée mesurée dans une station de référence.

« La valeur annuelle limite du NO2 (40 μg/m³), est toujours dépassée à divers endroits, notamment dans les rue canyons (rues entourées de hauts immeubles) dans les grandes villes et le long des axes de circulation très fréquentés", note encore Irceline. "La diminution (lente) des concentrations de NO2 et la réduction correspondante du nombre de dépassements de la valeur limite annuelle européenne sont probablement liées à l’accélération de la transition du diesel vers l'essence (et d'autres types de motorisation) du parc automobile. Les voitures diesel émettent beaucoup plus d'oxydes d'azote dans des conditions de conduite réelles qu’autorisé par la législation (dieselgate)."

Ozone, record de 2010 atteint

"En 2018, dix jours d'ozone ont été observés, soit le nombre le plus élevé depuis 2010", constate Irceline, qui précise que "le seuil d'alerte de 240 μg/m³ n'a pas été dépassé en 2018". Un jour d'ozone est un jour avec au moins un point de mesure en Belgique dépassant le seuil européen d'information pour l'ozone de 180 μg/m³ en moyenne horaire. C’est en juillet et août que la concentration d’ozone a été la plus forte en Belgique l’an dernier. "En juillet, il y a eu deux jours consécutifs les 3 et 4 juillet et quatre jours consécutifs du 24 au 27 juillet. Début août, il y a eu trois jours d'ozone du 2 au 4 août et une dernière journée le 7 août." A titre de comparaison, 5 jours d'ozone ont été observés en Belgique en 2017. "Au cours des étés (très) chauds de 2003 et 2006, respectivement 16 et 22 jours de dépassement du seuil d’information ont été enregistrés. En 2003, le seuil d’alerte de 240 μg/m³ avait été dépassé pendant 7 jours à au moins un site de mesure", rappelle encore Irceline.

Pourquoi ça a grimpé l’an dernier ?

"L'été a été l'été le plus chaud depuis le début des mesures de température à Uccle (IRM)", remarque Irceline. Néanmoins, "en dépit d'un été exceptionnellement chaud et anormalement ensoleillé, le nombre de jours d'ozone est réduit par rapport à ce qui pouvait être attendu vu les conditions météorologiques". Cette situation s’explique par la baisse des émissions d'oxydes d'azote (NOx) et de composés organiques volatils (COV) au cours des dernières décennies. En conséquence, le nombre de jours d’ozone diminue avec des conditions météorologiques comparables (voire moins favorables).

Pour information, les valeurs limites annuelles européennes pour les PM10 (40 μg/m³) et les PM2.5 (25 μg/m³) sont respectées à tous les points de mesure. Les PM10 sont des poussières fines d'un diamètre inférieur à 10 micromètres. PM2.5 est la fraction encore plus petite avec un diamètre inférieur à 2,5 micromètres.