La Belgique fait face depuis plusieurs semaines à un important rebond épidémique, au point qu'on n'hésite plus à parler de deuxième vague. Partout dans le pays, le nombre de contaminations grimpe, avec dans plusieurs provinces un taux de positivité supérieur à 20% . À Liège où ce taux est le plus élevé, plus d'un test sur quatre est positif. Pour reprendre le contrôle de la situation épidémiologique, les autorités ont mis en place une série de restrictions entrées en vigueur, ce lundi 19 octobre. Mais le Premier ministre avait d'emblée averti les Belges: les semaines à venir allaient être compliquées. "Les prochains jours ne seront pas positifs, les chiffres vont continuer à augmenter", avait avancé Alexander De Croo (Open Vld), lors de la conférence de presse qui avait suivi le comité de concertation de ce vendredi 16 octobre. D'autres experts s'étaient joints à lui, estimant à leur tour que l'effet des mesures ne se ferait pas ressentir immédiatement, appelant la population à ne toutefois pas baisser les bras.

Pour le biostatisticien Kurt Barbé (VUB), on devrait voir apparaître un premier changement sur la courbe entre le 26 octobre et le 1er novembre. Selon lui, c'est à ce moment précis que l'on pourrait espérer voir la tendance s'inverser suite aux dernières décisions du comité de concertation. 

"Ce cocktail de mesures aura une influence sur la courbe", a pour sa part confirmé Geert Molenberghs (KULeuven) sur Radio 1. Le biostatisticien a toutefois émis quelques réserves quant à cette projection. Selon lui, il pourrait également y avoir, dans les prochains jours, un impact de la nouvelle stratégie de testing sur la courbe. En effet, comme l'ont annoncé les autorités ce lundi, les personnes asymptomatiques ne pourront désormais plus se faire tester . Cette décision vise à diminuer la pression que subissent actuellement les centres de tests et les laboratoires, qui éprouvent des difficultés à fournir des résultats dans les temps requis. Mais qui dit moins de tests dit également moins de cas de coronavirus rapportés quotidiennement. 

Un changement qui pourrait impacter les données de Sciensano mais qu'il ne faudrait donc pas confondre avec une diminution du nombre de contaminations due aux dernières restrictions mises en place. Selon M. Molenberghs, il sera compliqué de différencier ces deux phénomènes qui auront tous deux, sans aucune doute, un impact sur l'évolution du nombre d'infections en Belgique. C'est pourquoi l'expert a exclu tout possible assouplissement des mesures en cas de tendances qui seraient à nouveau à la baisse en Belgique. "Nous en sommes navrés, mais il a été prouvé que les différentes phases du déconfinement ont fait remonter la courbe en juillet et en août", a conclu le biostatisticien.

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