Belgique

Quelque 200 vols vers ou au départ de l'aéroport de Bruxelles-National ont été annulés à la suite d'un arrêt de travail de contrôleurs aériens.

Pour de nombreux observateurs, il s'agit d'une action détestable et irresponsable. De plus, Selon Roger Blanpain, professeur émérite en droit du travail à la KUL, elle est "socialement indéfendable" en raison des dommages "incalculables pour notre pays".

Il rappelle à cet égard que le président Ronald Reagan avait, en son temps, licencié les contrôleurs aériens en grève et les avait remplacés par des militaires. Voici un bref rappel historique de cet épisode pas banal.

Nous sommes le 4 août 1981 aux États-Unis. Des millions d’Américains n’ont pas pu prendre leur avion suite à une grève massive des contrôleurs aériens. Considérant cette grève comme illégale, le président républicain, qui est à la Maison blanche depuis seulement six mois, surprend tout le monde en ressortant une loi oubliée de 1955 :

"Permettez-moi de lire le serment solennel pris par chacun de ces employés quand ils ont accepté leur emploi : "Je ne participe pas à une grève contre le gouvernement des États-Unis ou tout organisme de celui-ci, et je n’y participerai pas tant que je suis employé du gouvernement des États-Unis ou d’une de ses agences." C’est pour cette raison que je dois dire à ceux qui ne se sont pas présentés au travail ce matin qu'ils violent la loi et s’ils ne se présentent pas au travail dans les 48 heures, ils auront perdu leur emploi et leurs contrats seront résiliés."(*)

Comme l'explique France Info, le syndicat croit à un bluff du président, mais l'inimaginable se produit : 11.359 salariés sont licenciés avant d'être remplacés par des militaires. On forme cependant de nouveaux contrôleurs aériens, plus dociles sans doute.

(*) La traduction de ce speech a été effectuée par un journaliste de France Info.