Dans la presse flamande, le terme “amok” a été utilisé à plusieurs reprises pour qualifier les échauffourées qui se sont produites sur la plage de Blankenberge samedi. Il a pu surprendre du côté francophone où l’usage du mot est très peu fréquent. 

L’expression vient du mot malais “amuk”, qui désigne une rage meurtrière incontrôlable. Ces comportements ont été observés puis théorisés par des voyageurs et des ethnologues au début du XXe siècle dans des pays asiatiques alors colonisés (Inde, Malaisie, Indonésie). Ils étaient le fait de personnes seules, généralement des hommes et se terminaient souvent par la mort de leur auteur. Le terme était aussi utilisé en Inde britannique pour désigner un éléphant devenu incontrôlable. En littérature, le premier à avoir utilisé ce terme est l’écrivain autrichien Stephan Zweig, en 1922, dans “Amok ou le Fou de Malaisie” – mais il est davantage question de folie amoureuse que de destruction meurtrière. 

Le terme – qui désigne autant l’auteur que l’acte en lui-même – a été intégré dès le début du siècle précédent dans le lexique psychiatrique. Quand il est employé dans le langage courant, il désigne une situation qui dégénère et échappe à tout contrôle. Reste à voir s’il caractérise au mieux les incidents du week-end à la Côte.