Concernant les hospitalisations, Yves Van Laethem explique que c'est à Bruxelles qu'il y a le plus d'entrées. "C'est une ville densément peuplée, en hôpitaux également. Mais il y a eu des augmentations des hospitalisations dans d'autres provinces wallonnes, comme le Hainaut et la province de Liège".

L'expert a ensuite expliqué quel était le profil des patients que l'on retrouvait à l'hôpital durant cette récidive de l'infection. "Sciensano a pu comparer des données, à savoir celles de la première vague (de mars à juin) et celles de l'épisode que nous connaissons entre le 23 juin et le 14 septembre [NDLR: Yves Van Laethem précise que cela s'arrête au 14 septembre car les données du dernier mois ne sont pas disponibles encore pour être analysées]. Ces données concernent 70% des patients hospitalisés, donc on a ainsi un bon échantillon de la réalité du terrain. Voici ce que l'on peut en tirer. En ce qui concerne l'âge de ces patients: lors de la première vague, on était avec un âge médian de 71 ans ; actuellement la moitié des patients a moins de 60 ans. C'est clairement une nette diminution! Lors de la première vague, 25% des patients hospitalisés venaient des maisons de repos ou de soins. Lors du second épisode, on atteint 20%. Un chiffre qui a donc diminué."

Yves Van Laethem précise ensuite que des pathologies sous-jacentes ont joué un rôle dans le risque d'hospitalisation. "Lors de ce dernier épisode, un petit 2/3, soit 63% des gens hospitalisés, présentent des pathologies sous-jacentes alors que 74% en avaient lors de la première vague. Ce qui a changé, c'est la proportion de personnes qui ont des problèmes cardio-vasculaires ou de l'hypertension. Ceux-ci ont diminué dans l'épisode actuel. Par contre, on note actuellement une petite augmentation du nombre de personnes qui ont du diabète ou de l'obésité."

Précision importante de l'expert: actuellement, les patients admis à l'hôpital sont moins sévèrement malades. "Leurs critères d'admission sont moins sévères que les critères que l'on avait lors de l'épisode de mars-avril. Cela peut être lié au fait qu'il y a actuellement plus de place dans les hôpitaux que lors du pic de l'épidémie en avril dernier."

Les admissions en soins intensifs sont également beaucoup moins importantes par rapport à la première vague et les conditions sont différentes. "Lors de la première vague, un bon nombre de patients devaient être ventilés. Actuellement, il y en a beaucoup moins sous respirateur. On est de l'ordre de 3% des gens en soins intensifs, alors que ce chiffre atteignait 9% en avril dernier."

En ce qui concerne la durée du séjour à l'hôpital, il est actuellement en moyenne de 7 jours alors qu'il était de 8 jours lors de la première vague.

Enfin, en ce qui concerne les décès à l'hôpital, Yves Van Laethem note une tendance positive: "On constate désormais un meilleur traitement grâce à l'expérience malheureusement accumulée lors de la première vague. Actuellement, 9% des personnes admises à l'hôpital décèdent. Lors de la vague de mars à juin, on atteignait 21%." Et l'expert d'ajouter: "Dans 37% des cas, les plus de 80 ans décédaient lors de la première vague lorsqu'ils étaient hospitalisés; on atteint aujoud'hui le chiffre de 22%."

Au niveau des soins intensifs par contre, le chiffre des décès reste stable entre les deux vagues: autour des 36-37%.


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