Le premier des trois Belges qui figurent dans le fameux classement des personnes les plus riches du monde dévoilé mardi par Forbes est Eric Wittouck (191e). 


Si l’on en croit le magazine américain, Eric Wittouck serait donc l’homme le plus riche de Belgique, détrônant les descendants de feu Albert Frère, les actionnaires du géant brassicole AB Inbev ou encore certains entrepreneurs flamands en général bien classés comme Jo Colruyt ou Marc Coucke.

Cette première place étonnante s’explique, sans doute, par la méthodologie de Forbes, qui n’est pas explicitée dans le classement.

La fortune de la famille Wittouck a commencé à prospérer avec la vente de la Raffinerie tirlemontoise à la fin des années 1980. Elle est aujourd’hui estimée à 7,6 milliards de dollars.

Sa valorisation dans le classement est due à Invus, une société de capital-investissement basée à New York qui gère l’argent de M. Wittouck, 72 ans, explique Forbes. Elle a généré de grands rendements grâce à des investissements notamment dans les produits pour animaux Blue Buffalo et Weight Watchers.

Tout a commencé à la fin du XVIIIe siècle pour la famille Wittouck. Un heureux mariage entre André-Michel et une richissime descendante russe, la princesse Hélène Sherbatow, va permettre à Paul Wittouck (le frère) d’exporter son sucre de la raffinerie de Tirlemont dans l’est de l’Europe. La famille Wittouck, à la tête de la sucrerie (Tiense Suiker), décide de la revendre en 1989 pour 945 millions d’euros au groupe allemand Südzucker. Avec la famille Ullens de Schooten, Eric Wittouck lance alors Artal Holding, avec laquelle il gère un producteur d’aliments bio pour chiens et chats (Blue Buffalo, qui pèse 3 milliards d’euros). La famille Wittouck avait acheté Weight Watchers (cotée à la Bourse de New York depuis 2001) il y a vingt ans pour 700 millions de dollars. Elle a toutefois réduit sa participation dans WW dont les mauvais résultats ont fortement pesé sur le cours de Bourse.

Les deux autres Belges sont le Belgo-Ouzbek Patokh Chodiev qui est surtout connu en Belgique pour l’affaire du "Kazakhgate", et Luc Tack, directeur général de Picanol.