Selon les chiffres rendus publics par Sciensano, le nombre de personnes hospitalisées à cause du Covid-19 en Belgique diminue encore.

Yves Van Laethem se montre malgré tout prudent : "Nous avons encore un long chemin devant nous avant de retrouver une situation plus normale".

Les chiffres montrent que la diminution du nombre de nouveaux cas est plus marquée dans les provinces de Wallonie. Dans le Hainaut, la diminution est de 47%. "Ceci étant, au vu de l'impact qu'a eu la pandémie durant la deuxième vague sur la partie wallonne du pays, c'est toujours dans les province wallonnes comme le Hainaut ou la province de Liège qu'on a, dans l'absolu, le plus de cas" rappelle l'expert en maladies infectieuses.


Le nombre de nouvelles admissions chute également de près de 25% par rapport à la semaine précédente et est désormais de 372,3 par jour en moyenne, pour la période du 13 au 19 novembre. Il s'élève désormais à 5.650. "C'est presque 2000 de moins que lors du pic de novembre", commente Yves Van Laethem. Toutes les provinces voient une diminution du nombre de patients aux soins intensifs, sauf le Limbourg.


Mais Yves Van Laethem tient à le rappeler : aussi bon qu'ils soient, ces chiffres restent élevés : "Nous sommes maintenant arrivés au maximum que nous avions connu lors de la première vague".

"Ceci nous montre bien que la pression sur le système hospitalier reste extrêmement importante et qu'il faut encore une nette diminution avant que l'on puisse se dire que la structure peut fonctionner de manière plus normale", explique-t-il.

Impact des mesures sur les déplacements des Belges

La mobilité des Belges a également été étudiée. Pendant le premier confinement, la réduction des déplacements était bien plus marquée : les Belges passaient en moyenne 25% de temps en plus à la maison, contre 17% actuellement. "On voit cela aussi dans les chiffres de mobilité. Par rapport au travail par exemple, nous nous déplaçons maintenant 46% de moins que normalement, alors que c'était 62% de moins lors de la première vague", ajoute-t-il.

Cela confirme donc, selon lui, que les mesures prises par le gouvernement ont un effet positif, même si elles sont moins drastiques.


Le point sur la situation dans les maisons de repos

Yves Van Laethem a ensuite fait le point sur la situation dans les maisons de repos, comme tous les vendredis. "La Belgique est, avec la France, le seul pays de l'Union Européenne où nous avons une structure qui est capable de nous donner, quasiment en temps réel la situation dans ces maisons de repos et de soins, tant en nombre d'infections qu'en décès".

Globalement, en Wallonie et à Bruxelles, il y a une légère diminution du nombre de cas par rapport à la semaine précédente. "Il y a actuellement une légère augmentation en Flandre". En ce qui concerne les clusters plus importants, soit des endroits ayant eu plus de 10 cas, l'expert constate également une stabilisation dans les trois régions du pays.

"Comme dans la population générale, nous constatons malgré tout que le nombre de décès dans les maisons de repos reste élevé. Ce sont donc des moments difficiles, bien sûr pour les pensionnaires, mais aussi pour le personnel soignant des maisons de repos." Yves Van Laethem a remercié les différentes structures venues en aide aux maisons de repos, en soulignant l'importance de ces aides durant cette période.


Une deuxième vague moins meurtrière

Enfin, le porte-parole interfédéral a fait le point sur l'évolution des décès liés au coronavirus en Belgique. Pour cette analyse, la première vague a été définie comme prenant place entre le 10 mars et le 21 juin et la deuxième vague entre le 22 juin et novembre. Une première analyse de ce type avait déjà été faite il y a un mois, mais les chiffres ont depuis évolué, comme le souligne Yves Van Laethem : "Nous avons atteint le pic du nombre de décès le 6 novembre et avons dépassé le cap des 15 000 décès liés au Covid".

"Il est clair que cette deuxième vague a fait de nombreuses victimes, mais qu'actuellement, elle est moins meurtrière que la première vague." En effet, selon les chiffres de Sciensano, on avait lors de la première vague un décès pour deux hospitalisations, chiffre qui est passé à un décès pour quatre hospitalisations lors de la deuxième vague. Mais Yves Van Laethem rassure : "Il ne faut pas croire que parce que l'on rentre à l'hôpital, on a une chance sur deux ou une chance sur quatre de décéder". En effet, cette notion permet uniquement de comparer l'impact sur les structures hospitalières.

Selon Yves Van Laethem, cette vague a été plus intense car plus de patients ont été admis dans les hôpitaux du pays, même si la mortalité est moins importante, y compris grâce aux progrès dans la manière de soigner les patients.

Lors de la première vague, 9591 personnes sont décédées, soit plus de 60% des décès. "Si lors de la première vague on avait 47% des personnes décédées qui étaient des hommes, cette fois on a une inversion avec 52% qui sont des hommes", détaille Yves Van Laethem. L'âge moyen des personnes décédées lors de la deuxième vague est également moins élevé. Plus de deux tiers des décès survenus lors de la première vague avaient eu lieu dans les maisons de repos, chiffre qui n'est maintenant plus qu'à 45%.

"C'est vrai que le taux de mortalité en Belgique est particulièrement élevé, et l'un des plus élevé d'Europe après la République Tchèque. Nous voyons sur cette courbe qu'actuellement, le taux de mortalité est en baisse, tant en République Tchèque que de manière plus prononcée dans notre pays". Yves Van Laethem a souligné que dans d'autres pays, comme l'Italie, la courbe suit un chemin inverse et que le taux de mortalité augmente à nouveau.