Avec le rapatriement en fin de semaine dernière de 6 femmes belges et de leurs 10 enfants, l'opération des services belges au camp de Roj est bouclée. Pour le moment, il n'est pas question de rapatriement d'hommes liés à l'organisation terroriste Etat islamique, affirme le Premier. La ministre des Affaires étrangères Sophie Wilmès et le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne étaient également soumis jeudi aux questions des députés, concernant l'opération de rapatriement.

L'OCAM, l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace, avait préalablement indiqué que ne pas rapatrier ces femmes et enfants présentait un risque plus grand que le fait de les ramener en Belgique, a expliqué le Premier ministre lors de la même séance. Cette évaluation tenait compte, tout d'abord, de la situation dramatique dans les camps du nord-est de la Syrie, qui empire de semaine en semaine. Les Kurdes qui géraient ces camps de déplacés et de détenus (familles de combattants étrangers de l'EI, entre autres) en perdent le conrtôle. Le camp d'al-Hol, par exemple, est désormais dominé par l'EI. Les violences et les conditions de vie désastreuses forment également le terreau de potentiels désirs de revanche dans le chef des enfants qui y grandissent, contre un pays qui "les a abandonnés".

Rapatrier permet d'accompagner et de garder le contrôle, tandis que les mères ne représentent qu'une menace moyenne, selon l'analyse, a expliqué le Premier. Le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne a précisé que les 6 femmes rapatriées sont reprises dans la banque de données des "foreign terrorist fighters" de l'OCAM et vont y rester. Elles n'en seront enlevées qu'après avoir été durant deux ans estimées à un "niveau de menace 1". Cinq des 6 femmes ayant déjà été condamnées en justice, tandis que la 6e faisait l'objet d'un mandat d'arrêt international, elles ont toutes été transférées vers la prison après leur arrivée en Belgique. Celle qui se trouve en détention préventive devrait comparaitre devant un juge d'instruction avant la fin de l'année, a ajouté le ministre.

Au-delà des questions de sécurité, il a aussi été tenu compte du bien-être des enfants, a affirmé le Premier ministre. Les conditions de vie dans les camps syriens sont évidemment inadaptées.

L'opération de rapatriement s'est déroulée comme prévu, même si elle était complexe et non dénuée de risque, a souligné le Premier. Dans le même camp de Roj, une autre mère et ses quatre enfants répondaient aux critères pour être rapatriés, mais la mère a refusé, dit-il. Les rapatriements depuis ce camp sont donc bouclés. "Nous avons fait ce qui était nécessaire", affirme-t-il.

Quant au camp d'al-Hol, la situation, trop dangereuse, ne permet pas de rapatriement actuellement.

Les partis d'opposition N-VA et Vlaams Belang avaient demandé la réunion de la commission pour discuter du rapatriement des mères, auquel ils sont opposés.