Georges-Louis Bouchez, président du MR, a accordé une interview au magazine Wilfried alors qu'il est informateur.

Dans cette interview, deux phrases ont particulièrement retenu l'attention, puisque le libéral déclare ceci: "Il faudrait remettre toutes les compétences au niveau fédéral. Moi, je suis pour un Etat unitaire". Cette sortie a été considérée par certains comme une attaque à l'encontre de la N-VA, puisque le parti nationaliste milite pour une réforme de l'Etat et un transfert de compétences vers les Régions.

Pour sa défense, Georges-Louis Bouchez a précisé que l'interview accordée au magazine n'était aucunement source de propositions politiques, mais juste un idéal "politico-philosophique" étalé sur huit pages.

En tout cas, la N-VA, mais pas seulement, a sauté sur l'occasion pour sanctionner le faux-pas de l'informateur libéral. "Dat noemen ze 'rater la chance de fermer sa g...'", a tweeté Sigfried Bracke, l'ancien président de la Chambre des représentants et membre du parti nationaliste.

Hendrik Vuye, ex-figure de la N-VA et aujourd'hui député indépendant, a lui aussi souligné que pour un "unitariste" comme se prétend l'être Georges-Louis Bouchez, en "vrai Belge", il devrait maîtriser la langue néerlandaise.


Bart De Wever a pour sa part dit que la vision du président du MR renvoyait à la Belgique du 19e siècle.

Georges-Louis Bouchez a, peut-être de bonne foi, fait part de sa vision sans arrière-pensée. Mais il s'avère que, pendant cette période, cela peut sembler une erreur politique. En tout cas, la N-VA a saisi la balle au bond. Reste à voir ce que cela va donner prochainement et qui en paiera le prix. Ou plutôt qui tirera bénéfice de cette polémique.

Le président du CD&V Joachim Coens, qui partage la mission d'informateur avec Georges-Louis Bouchez, a pour sa part nuancé le débat. Il a souligné que, par ses déclarations, Georges-Louis Bouchez prouve "que le prochain gouvernement devra en tout cas avoir un débat approfondi sur la façon de renouveler les institutions. Le thème est à l'ordre du jour".


François De Smet, nouveau président de Défi, participait lui aussi à l'interview croisée pour Wilfried. Il a réagi ce matin et a appelé le public à lire au-delà des petites phrases.


Du côté des politiques flamands issus d'autres partis que la N-VA, les réactions sont beaucoup plus nuancées et diplomates, comme le montrent les tweets de Gwendolyn Rutten (Open VLD), Bart Tommelein (Open VLD) ou Kristof Kalvo (Groen).