Les Belges ont répondu plus que présent à l’appel au ras-le-bol général

BRUXELLES Hier, juste avant le départ, les cinq organisateurs de la manifestation Shame déclaraient que leur opération serait une réussite si elle ameutait une dizaine de milliers de personnes. Pari largement gagné.

Ils furent 34.000 à défiler dans les rues de Bruxelles, scandant leur ras-le-bol, criant leur impatience de manière joviale à la face des hommes et femmes politiques élus pour gouverner le pays. Très peu de mandataires politiques, d’ailleurs, avaient fait le déplacement. Seule l’Écolo Isabelle Durant, accompagnée par Josy Dubié et Jean-Claude Defossé, a été aperçue au milieu du cortège.

“Je suis ici en tant que citoyenne et en tant que femme politique car je ne peux bien sûr pas me couper en deux. Mais je comprends que les citoyens soient inquiets de cette situation peu rassurante. Car nous n’avons encore à l’heure actuelle aucune base pour les négociations” , a-t-elle déclaré à l’Agence Belga , précisant dans la foulée qu’elle n’était pas venue au nom de son parti.

Les écolos se sont par ailleurs réjouis du succès populaire de la manifestation. Et ont invité les partis à reprendre les négociations sérieusement. Le CD&V, quant à lui, voit dans ce mouvement citoyen un appel à sceller “un accord communautaire comprenant une scission de BHV et une réforme de l’État” .

Tandis que le président sortant du MR Didier Reynders (exclu des négociations) s’en est – on ne peut plus logiquement – pris à “l’hypocrisie” d’Écolo, du CDH et du SP.A qui ont tenté de récupérer une manifestation neutre et citoyenne.

Il a ainsi jugé “détestable” et “digne du degré zéro de la politique” le fait que les négociateurs n’aient toujours pas trouvé un accord global après sept mois de négociations. Didier Reynders a encore suggéré que le contenu de la note du conciliateur Johan Vande Lanotte soit largement publié en français et en néerlandais.



© La Dernière Heure 2011