Elle informera tous les employés le plus rapidement possible quant à leur situation personnelle et "a toute confiance dans le fait que les curateurs veilleront à une indemnisation correcte des employés touchés". Les curateurs désignés jeudi après la faillite de Wibra Belgique ont approuvé vendredi le plan de reprise. Outre le siège, 36 magasins feront donc partie de la nouvelle entité, répartis entre la Flandre, la Wallonie et Bruxelles. Par ailleurs, 183 travailleurs y seront repris. Wibra dit de la sorte conserver "une présence importante" sur le marché belge.

"Nous sommes soulagés de poursuivre nos activités en nous appuyant sur une base saine et sur un nombre important de magasins, que nous savons pouvoir rentabiliser à nouveau", commente Bas Duijsens, directeur général de Wibra Belgique.

La direction dit regretter qu'aucune solution n'ait pu être trouvée pour l'ensemble des magasins et employés concernés. "Nous sommes conscients que la situation est un coup dur pour nos employés, car beaucoup d'entre eux sont avec nous depuis longtemps et ont continué à s'engager pour Wibra ces dernières semaines, malgré la grande incertitude quant à leur avenir", reconnait le patron.

Les salariés seront informés dans les prochains jours quant à leur situation personnelle et se verront ou non proposer un nouveau contrat de travail. Aucun changement structurel ne sera apporté aux conditions de travail, assure l'enseigne.

Les 36 magasins qui feront partie de la nouvelle entité resteront fermés dans les jours à venir, afin de donner suffisamment de temps aux employés concernés pour évaluer correctement leur situation, explique encore Wibra, qui va ensuite remettre à neuf et approvisionner les magasins, "afin de pouvoir repartir avec un nouvel élan".

La CSC mitigée quant à l'annonce de la poursuite des activités de Wibra en Belgique

La CSC était partagée, vendredi soir, entre joie et déception par rapport à l'annonce de la poursuite des activités de Wibra en Belgique. D'un côté, 183 emplois sur 439 seront sauvés dans 36 magasins sur 81. Mais, de l'autre, c'est la collectivité qui va devoir payer pour les pécules de vacances et primes de fin d'année des travailleurs concernés, via le Fonds de fermeture d'entreprises, déplore Rocco d'Amore, permanent à la CNE (CSC). Il pointe en outre la non-intervention de la maison-mère néerlandaise. Le tribunal de l'entreprise de Termonde a rejeté jeudi le plan de reprise proposé par la direction de Wibra car l'entreprise n'était pas prête à payer le pécule de vacances et les primes de fin d'année du personnel repris, ce qui est contraire à la loi.

La filiale belge, lourdement déficitaire et faisant face dans son domaine à une enseigne en plein essor comme Action, a donc déposé elle-même le bilan jeudi. Cela signifie que la facture de la faillite pour tous les travailleurs revient désormais au Fonds de fermeture d'entreprises (FFE). Wibra a finalement reçu le feu vert vendredi des curateurs désignés pour une poursuite de l'activité.

"C'est un revirement auquel on ne s'attendait pas", réagit Rocco d'Amore. L'enseigne "a tout fait pour créer un nouveau Wibra avec le moins de coûts possibles", analyse-t-il. Il est probable que la direction va à présent choisir les travailleurs qu'elle souhaite garder et mettre de côté ceux qui sont régulièrement absents ou qui ont le plus d'ancienneté, anticipe-t-il.

Vu qu'il n'y a pas de procédure Renault pour licenciement collectif, les syndicats n'ont aucune vue sur le futur, regrette le représentant du syndicat chrétien.

Les travailleurs concernés par cette relance vont à présent devoir introduire une déclaration de créance auprès du Fonds de fermeture d'entreprises pour leurs pécules de vacances et primes de fin d'année. "C'est bien joué de la part de la direction. Les dettes sont désormais gérées par les curateurs et les gens obtiendront leur dû via le FFE au prorata du maximum prévu".

Pour Rocco d'Amore, "la maison-mère néerlandaise de Wibra avait les reins assez solides pour payer les travailleurs".

Il s'inquiète également d'une volonté de la direction de revoir les conditions salariales.