Le président du sp.a Conner Rousseau a fait l'objet d'une longue interview dans le journal flamand De Morgen ce samedi.

Il a été évidemment largement question de la formation d'un gouvernement fédéral (lire ci-dessous). Mais Conner Rousseau a également été interrogé sur ses impressions par rapport à ses premiers mois à la tête de son parti et l'ambiance au sein des groupes de discussion en vue de former une coalition. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le socialiste flamand à un avis bien tranché sur certains de ses collègues, qu'ils soient flamands ou francophones.

Même s'il avoue avoir été "déçu" par sa première rencontre avec les autres présidents de parti (des gens "très ordinaires qui parlent beaucoup", selon ses termes), il épingle positivement deux personnalités: Paul Magnette, le président du PS, qu'il juge "très intelligent", et Gwendolyn Rutten, ex-présidente de l'Open-Vld dont il regrette qu'elle ait été traitée "d'une façon aussi impitoyable" car elle avait fait preuve, en mars dernier lors de la formation d'un gouvernement d'urgence pour lutter contre le coronavirus, d'un tempérament "très calme, remettant Bouchez à sa place lorsque c'était nécessaire".

En ce qui concerne Bart De Wever, Conner Rousseau a été assez surpris. "Je pensais qu'il me regarderait de haut. Mais non, il m'a parlé immédiatement avec beaucoup de respect. C'était un débat entre égaux, et ce malgré nos idéologies différentes." Par contre, le présidet du sp.a se veut moins positif à l'égard de Georges-Louis Bouchez. "En tant qu'informateur, il était à l'époque très désobligeant à propos de mon sac à dos. Il disait: 'Regardez, l'écolier est là'".

Et lorsque De Morgen présente Bouchez comme le Rousseau francophone, soit un "bon look qui veut conquérir le monde de la politique par les réseaux sociaux", ce dernier ironise: "Oh, vous m'insultez à présent?".

Un tacle qui n'a pas laissé le président du MR muet puisqu'il a réagi ce samedi via les réseaux sociaux. "Le côté constructif de certains... Le genre de phrase qui aide dans les relations interpersonnelles. Une vraie preuve de maturité", a ainsi commenté sur Twitter Georges-Louis Bouchez, en réponse à un tweet relayant la sortie de Conner Rousseau. Ambiance...


"Je ne vois pas quelle coalition pourrait être intéressante pour nous, sans le PS"

Le président du sp.a ne voit par contre pas quelle coalition serait intéressante pour sa formation si le PS n'en fait pas partie, a-t-il également indiqué dans l'entretien au journal De Morgen.

M. Rousseau ne semble pas prêt à lâcher les socialistes francophones. "Je ne vois pas quelle coalition pourrait être intéressante pour nous, sans le PS. C'est un peu cliché, mais je me concentre vraiment sur le contenu. Si c'est un bon projet pour nous, pourquoi ne le serait-il pas pour le PS?", affirme-t-il. Le président du sp.a n'est pas intéressé par une Suédoise: "Dépanner la coalition suédoise? Non, merci. Le parcours de la Suédoise a été sévèrement sanctionné par l'électeur."

Les partis de la Suédoise (N-VA, Open Vld, MR et CD&V) semblent pourtant disposés à faire l'une ou l'autre concession afin d'attirer les socialistes flamands. Mais Conner Rousseau n'est pas convaincu que sa formation, quatrième parti flamand dans cette coalition, pourrait faire la différence face au bloc de centre-droit. Il ne ferme cependant pas totalement la porte. "Qu'ils viennent avec une proposition sur le fond et nous verrons si elle est suffisamment sociale."

La question régionale ne sera pas pour autant résolue pour le sp.a. Une entrée au sein de l'équipe Jambon Ier semble en tout cas une exigence légitime pour Conner Rousseau. Son parti éviterait ainsi le grand écart entre une situation qui le verrait gouverner au fédéral avec la N-VA, l'Open Vld et le CD&V, et être dans l'opposition, contre ces formations, à l'échelle régionale. Mais dans quelle mesure ces trois partis seraient-ils prêts à revoir l'accord de gouvernement à la sauce socialiste? "On ne peut pas dire que ce gouvernement Jambon Ier soit si séduisant actuellement", commente Conner Rousseau.