"Ce préavis de grève a été déposé en raison de l'assouplissement du régime des visites et son impact sur la sécurité du travail du personnel", indique lundi soir le syndicat chrétien flamand ACV Openbare Diensten sur son site web.

La grève devrait débuter lundi 8 février à partir de 22h00. Des négociations sont prévues au cours de la matinée mardi, a précisé le syndicat ACV.

Le régime des visites est, selon l'administration pénitentiaire, adapté en raison du prolongement des mesures jusqu'au 1er mars. "Il s'agit d'adaptations qui sont importantes pour le bien-être et les contacts familiaux des détenus", indique-t-elle. "Les mesures de prévention qui s'appliquent actuellement, à savoir l'absence de contact physique et le respect des mesures sanitaires, garantissent que ces ajustements des règles de visite peuvent être mis en œuvre de manière sûre."

Les enfants âgés de 12 à 15 ans pourront de nouveau se rendre aux visites, dans le respect des mesures sanitaires en vigueur. Ils pourront également se faire accompagner par un professionnel externe. La règle selon laquelle les détenus ont droit à un seul visiteur adulte (âgé de 16 ans ou plus) reste en vigueur, mais les détenus pourront désormais demander à en changer. Ce visiteur doit cependant être le même pendant quatre semaines.

Le secrétaire général ACOD-CGSP Gino Hoppe reproche au système pénitentiaire d'avoir imposé cette mesure "unilatéralement". "Les prisons assouplissent leurs règles alors qu'aucun assouplissement n'a lieu à l'extérieur. Il y a déjà eu plusieurs foyers de contamination bien que nous faisions tout pour garder le virus hors de nos murs. Nous ne comprenons pas (cette décision, NDLR), c'est jouer avec la santé du personnel et des détenus."

"Même s'ils semblent futiles, il s'agit bien d'assouplissements et cela témoigne de peu de respect envers le personnel. Les assouplissements concernent surtout les jeunes alors qu'on constate justement une augmentation des cas parmi les enfants", ajoute M. Hoppe.

"Pour être clair, il ne s'agit pas d'assouplir les règles de visite", réagit la porte-parole de l'administration pénitentiaire, Kathleen Van De Vijver. "Nous offrons la possibilité aux détenus de changer de visiteur adulte pour les quatre prochaines semaines. Cela veut dire qu'un détenu peut, par exemple, voir sa mère jusqu'à aujourd'hui, puis son père durant les quatre prochaines semaines. Les détenus peuvent recevoir la visite de deux enfants en dessous de 16 ans par visite. Chaque visite se déroule derrière un écran en plexiglas et les contacts physiques sont interdits."

"Les questions liées aux visites sont du ressort des directeurs de prisons", conclut Mme Van De Vijver. "Les avis des syndicats n'en sont pas moins sollicités."